
Le film amuse et surprend.
Certes pas toujours très subtil dans son propos, le film ne se prend pas du tout au sérieux et l'on sent la jubilation l'emporter devant ces petites histoires croustillantes.
Lire la critique de Trivial MattersFilm à sketchs s’unissant autour d’une trivialité très sexuellement marquée, Trivial Matters porte tel un programme, son nom et cela de manière remarquable. Et pourtant, loin de n’être qu’anecdotes alignées sous couvert de grivoiseries, ce mixte de sept petites histoires contées à minima donne l’occasion de parcourir toute l’étendue imaginative d’un réalisateur qui promet chaque jour davantage. Dans Force majeure, le premier segment, avec tout le voyeurisme complice qu’impose le dispositif particulier d’un récit face caméra, on assiste lors d’une visite chez un sexologue à la confession psychanalytique d’un professeur psychiatre à au médecin qui l’a choisi et qui fut l’un de ses étudiants plus qu’obséquieux. Ainsi, entre regards caméra, mise en images des paroles à titre illustratif et recomposition de ces dernières par les fantasmes personnels de son élève, ce segment de Trivial Matters oscille entre érotisme et expérimentation à l’instar de la Saveur de la Pastèque tout en dispensant sur fond de comédie, une explicitation typique des fantasmes d’autrui. Mais la tonalité se veut plus légère et moins transgressive. Comme si se croisaient dans un même film les délires sensuels de Basic Instinct, le rapport dévoyé à l’éthique de Petites confidences à ma psy, les frasques conjuguées de Mafia Blues et la lourde parenthèse analytique d’Infernal Affairs II. Le tout reposant sur un choix de filmage le plus souvent en plan fixe et qui cherche à rester proche dans ses signes d’une captation vidéo imparfaite et « embedded » façon Cloverfield ou REC, l’horreur en moins. Complice à souhait avec le spectateur, amusant et plus poussé qu’il y parait, on savoure ce premier ensemble.

Nous arrivant à la suite d'Exodus, film remarquable découvert à Deauville en mai dernier, Trivial Matters étonne et manifeste la vitalité d'un cinéaste qui réaffirme à chaque sortie tout le bien que ...