
Le film d'Osvalde Lewat représente un devoir de mémoire qui oeuvre pour l'inscription et la réappropriation de l'histoire récente du Cameroun.
Une Affaire de nègres s'impose comme un documentaire africain majeur, questionnant la conscience citoyenne de chacun. Les témoignages font écho dans leurs mises en situation aux oeuvres essentielles que sont Shoah ou S21 la machine Khmer Rouge.
Lire la critique de Une affaire de nègresAu Cameroun en mars 2000, le président de la République institue un "commandement opérationnel" pour lutter contre le grand banditisme de la région de Douala. Le commandement procède à des rafles : mille six cents personnes disparaissent ou sont tuées. Un an après, neuf jeunes garçons disparaissent.
Le haut-commissaire aux droits de l'homme aux Nations Unies est saisi. Les auteurs de ces rafles sont jugés responsables mais les procédures n'aboutissent pas. Les familles des victimes doivent vivre entre désirs de justice et pressions pour que les crimes soient à jamais effacés de la mémoire collective.

Le cinéma ne s'embarrasse en rien de précautions ou de mesure pour dépeindre à force de clichés un continent aussi divers que méconnu. Preuves en images.