Par Elodie Leroy - publié le 01 novembre 2005 à 11h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h38 - 0 commentaire(s)
FOCUS SUR SHÔJI KAWAMORI - Son nom reste peu connu en France et pourtant son travail est familier à de nombreux aficionados de la japanimation. Né en 1960 à Toyama, Shôji Kawamori est remarqué grâce au manga Vision of Escaflowne, qui a donné lieu à la célèbre série éponyme. Scénariste, mechanical designer puis réalisateur, Shôji Kawamori a contribué à plusieurs des œuvres incontournables de l'animation japonaise de ces vingt dernières années.


Macross Plus (1994)

En remontant aux débuts de la carrière de Shôji Kawamori, on relève déjà son nom au générique de Ulysse 31 ! Il n’était alors que débutant. Par la suite, ses talents de mechanical designer l'ont fait connaître au travers de séries telles que Macross (1982, sortie en France sous le titre Robotech), et Mobile Suit Gundam 0083 : Stardust Memory (1991). Côté long métrage, on le retrouve sur Patlabor 1 et 2, chefs d’œuvres de Mamoru Oshii réalisés en 1987 et 1993. Et comme une telle collaboration ne peut s’arrêter en si bon chemin, Kawamori travaille quelques années plus tard (en 1995) sur Ghost in the Shell, toujours en tant que mechanical designer.


Macross Plus (1994)

C'est en 1984 que Shôji Kawamori réalise son premier anime : Macross, Do you remember love ?. Dans ce film d’anticipation, les humains sont en guerre avec des humanoïdes et vivent dans une forteresse spatiale, le Macross, dans laquelle ont été recréées les conditions terrestres. Si cette œuvre a quelque peu mal vieilli lorsqu’on la regarde à l’heure actuelle, elle aura permis de révéler son réalisateur qui n’avait à l’époque que vingt-quatre ans. Et dix ans plus tard, Kawamori signe une œuvre bien plus aboutie : Macross Plus. Reprenant les thématiques du précédent mais avec autrement plus de maturité, Macross Plus se déroule en 2040, alors que la technologie de l’intelligence artificielle dépasse toutes les espérances à travers une chanteuse superstar virtuelle du nom de Sharon Apple. Macross Plus est aussi l’histoire de trois personnages, deux hommes et une femme, dont les chemins vont se recroiser après des années de séparation, réveillant des tourments enfouis qui auront un impact plus important que prévu. Pionnier dans l'utilisation de la 3D dans un film d'animation, Macross Plus est d’abord sorti sous forme de mini série de 4 OAV, de 45 minutes chacune. Puis, selon la volonté du réalisateur, un autre montage est réalisé : Macross Plus – movie edition. Jamais sorti en France, ce long métrage de deux heures s'avère encore meilleur que la version précédente. Pourtant, même si quelques plans ont été ajoutés, c'est surtout la suppression de presque une heure de film qui apporte du changement. Mais au lieu d’enlever sa profondeur à l’histoire, ces coupures ont pour effet paradoxal d’apporter plus d’épaisseur aux personnages – déjà excellents dans l’autre version – en épurant la narration et en allant à l'essentiel.
Sur Macross Plus, Shôji Kawamori est assisté d’un certain Shinichiro Watanabe, futur réalisateur de Cowboy Beebop. Le magnifique scénario de Macross Plus doit aussi sa qualité à la scénariste Keiko Nobumoto, aussi scénariste de Cowboy Beebop. Et comme l'animation fonctionne décidément par familles, Shôji Kawamori se retrouvera lui-même scénariste sur certains épisodes de Cowboy Beebop


Cowboy Beebop, de Shinichiro Watanabe

Avec Arjuna, titre récemment sorti chez Dybex, Shoji Kawamori signe une série télévisée de 13 épisodes qui mêle originalité et poésie en reprenant un thème phare de l’animation japonaise : la destruction de la planète. Si certains messages pourront déclencher des controverses, Arjuna évoque un danger bien réel et le fait avec humanisme. Si l'on ajoute à cela une qualité graphique rarement vue dans une série, Arjuna vaut définitivement le coup d'œil et nous confirme que le réalisateur de Macross Plus a plus d'un tour dans son sac.

Retrouvez les tests des quatre volumes de la série Arjuna


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