Par David Brami - publié le 11 mars 2008 à 05h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h31 - 1 commentaire(s)
SHAWN ET GUS : UN DUO DE CHOC D’ENFER

Alors que la seconde saison de la série américaine Psych s’est achevée le 15 Février dernier aux Etats-Unis (avec un épisode intitulé Shawn (and Gus) of the dead... tout un programme !), voici que débarque enfin chez nous la première saison de cette excellente série. Intitulé ici bas Enquêteur malgré lui, le show nous présente deux amis d’enfance inséparables qui vont se lancer dans l’investigation privée tout azimuts alors que l’un des deux, surdoué de l’observation, va s’improviser médium afin de ne pas finir en prison pour trop grande perspicacité. En effet, Shawn Spencer est capable, rien qu’en étudiant certains détail bénins, d’en déduire un large éventail de faits révélateurs que la police va prendre pour des aveux de culpabilité.



Mais pour comprendre comment Shawn en est arrivé à être aussi doué pour l’observation, il faut se plonger dans son enfance. Fils d’un père policier fier de ses états de service, ce dernier a dû élever Shawn seul depuis ses quatre ans et s’est entièrement dévoué à faire de lui un futur policier modèle. Et c’est ainsi que toute l’enfance de celui-ci s’est passée à apprendre les codes de l’honneur policier, les règles de l’investigation, et surtout la science de l’observation. Ainsi, pas de dessert pour Shawn lors de la sortie au restaurant si celui-ci n’arrivait pas à répondre les yeux fermés aux interrogations de son paternel sur le disfonctionnement d’un signal lumineux, sur le nombre et la description des porteurs de chapeau présents dans la salle ou encore sur d’autres éléments tout aussi bénins. Et c’est donc ainsi que Shawn a développé des capacités exceptionnelles qui ont fait de lui un petit génie de l’investigation, lui permettant d’ailleurs d’obtenir un score parfait au concours d’admission de la police, et ce dès ses quinze ans.

Mais à force de vivre sous la coupe étouffante de ce père modèle, Shawn a finalement développé une aversion certaine pour l’uniforme et a tout fait pour éviter d’intégrer la police. Il a ainsi pratiqué de très nombreux jobs pour ne finalement atterrir nulle part, à la grande déconvenue de son paternel, désespéré puis blasé de voir son rejeton gâcher ses instincts et ses capacités exceptionnelles. Mais toute cette éducation acharnée n’en fût pas inutile pour autant, alors que Shawn n’arrive pas à réprimer ses instincts de détective. Ainsi, même en pleine joute amoureuse, il n’arrive pas à détourner les yeux de l’écran de télé alors qu’un reportage faisant état d’un crime le pousse irrépressiblement à contacter la police alors que celle-ci n’a pas remarqué des détails que seul lui peut voir. Une pratique coutumière du jeune Spencer qui va attirer sur lui tous les soupçons, les forces de l’ordre supposant qu’il ne détient de telles informations que par une implication active dans les méfaits.



Et Shawn, donc d’inventer ce stratagème du médium afin d’éviter les barreaux. Mais Shawn, tout doué qu’il est, n’aurait pas supporté cette enfance (qu’il vit encore dans une certaine mesure) sans son ami de toujours Guster, celui-ci l’ayant toujours accompagné par monts et par vaux (et généralement en traînant des pieds) tandis que les initiatives de son ami lui ont souvent attiré plus d’ennuis que de satisfaction. Mais que voulez vous, les deux amis sont inséparables et partagent presque depuis la naissance un goût pour l’aventure et la découverte presque naïf. Donc forcément, Shawn va inévitable vouloir faire partager avec Gus sa nouvelle trouvaille, (« Gus ! Les flics croient que je suis voyant et on va pouvoir aider dans de vraies quêtes !! ») tandis que Gus va tout d’abord déchanter (« La dernière fois que je t’ai écouté on s’est retrouvé coincé à la frontière mexicaine… deux fois ! ») avant de finalement suivre son ami dans ses aventures.


La série n’aura ainsi de cesse de mettre en scène en introduction une séquence mettant en scène les deux amis durant leur enfance, avant de rapidement revenir au présent et de tripatouiller quelque histoire enfouie depuis des lustres tandis qu’une nouvelle affaire de meurtre ou de disparition va leur tomber du ciel. Mais alors que nombreuses sont les séries qui mettent en scène un duo de policiers ou d’enquêteurs poussant loin de nombreuses investigations, la particularité qui fit de ce duo une paire hors du commun est sa capacité extraordinaire à s’émerveiller et s’exciter sur tout et n’importe quoi alors que d’un côté ils n’ont jamais perdu leur âme d’enfant (il faut les voir se chamailler comme des gamins ou sauteur au plafond en cachette quand ils découvrent un élément les menant à la vérité) et que de l’autre ils ne renient jamais leur culture de nerds en puissance. A ce titre, on pourrait les comparer au John Dorian de Scrubs qui passe son temps à rêver éveillé tandis que Shawn et Gus discutent comme on le fait en cour de récréation, pétillants d’inventivité alors que la moitié de leurs conversations débute sur le mode « Ce serait trop bien si … »



Bourrées de références à une pop culture envahissante (chanteurs Has-been, séries préhistoriques, concepts enfantins,…) les deux amis vont de plus rivaliser d’inventivité pour toujours se marcher sur les pieds en toute amitié comme de sales gamins, portés par les interprétations impressionnantes de drôlerie des acteurs qui les incarnent. La dynamique qui habite ainsi la collaboration entre James Roday (Shawn) et Dulé Hill (Gus) est ahurissante et pousse tout spectateur ignorant de la genèse de la série à croire que les trublions se connaissent également depuis toujours et forment un duo inséparable (alors qu’ils se sont connus sur le casting de la série). Il suffit de les voir se trémousser en rythme, s’échanger des répliques en pleine improvisation avec une aisance déconcertante et se compléter merveilleusement pour imaginer une longue enfance commune bercée par les mêmes influences et les mêmes aspirations.



Poussés au cul depuis une enfance de laquelle ils ne sont jamais tout à fait sortis par le père de Shawn, les deux amis forment ainsi un duo unique et exceptionnel qui mange un peu sur le côté investigation de la série, la portant parfois à la limite de la comédie déjantée nominative. Mais étant donné que cette dynamique fonctionne à merveille et permet d’assister à un show unique en son genre, qui s’en plaindra ?
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