Par Christophe Leyton - publié le 07 octobre 2005 à 05h03 , MAJ le 24 septembre 2009 à 17h36 - 80 commentaire(s)
Sortie en 1997 sur Playstation, FF7 a fait l'effet d'une bombe en se vendant à plusieurs millions d'exemplaires à travers le monde. Considéré comme le meilleur RPG, et pour certains comme le meilleur jeu de tous les temps, il était normal d'en faire une adaptation digne de ses origines. C'est la lourde tache que s'est incombé le réalisateur Tetsua Nomura et l'équipe Square Enix.
Après le gouffre financier laissé après l'échec de Final Fantasy : Les Créatures de L'Esprit en 2001, le nouveau film en images de synthèses du studio est arrivé en Asie directement en DVD. Un schéma de sortie qui devrait se montrer similaire dans les prochains mois en France, sous la bannière de Columbia, même si des rumeurs (fausses) affirment qu'il devrait bénéficier d'une sortie salles. Certes nous savons de source sûre qu'une copie 35mm sous-titrée existe, un certain Etrange Festival de Strasbourg ayant tout fait pour la récupérer – en vain, mais Final Fantasy Advent Children sortira bel et bien directement en DVD. Mais quand ? Là est toute la question.
En attendant, nous avons vu le film. Verdict.
FINAL FANTASY ADVENT CHILDREN Un film de Tetsua Nomura Durée : 1h40 Date de sortie ciné : jamais Date de sortie DVD : 2006 (si tout va bien)
Deux ans se sont écoulés depuis la victoire de Clad sur Sephiroth. Les habitants de Midgar ont pu reprendre leurs activités. Cependant, un mal étrange touche les enfants, un mal inconnu très certainement lié à l'apparition de trois personnages au physique rappelant celui de Sephiroth. Hostiles à l'encontre de Clad, celui-ci va tenter de connaître leurs origines et leurs buts.
On se souvient tous de la tristesse éprouvée une fois le jeu terminé, cette idée de quitter des personnages que l'on a fait vivre pendant des heures et des heures et de ne plus jamais les revoir. Cette motivation de commencer les volets suivants, tentant désespérément de retrouver un héros aussi attachant que Clad ou un adversaire aussi charismatique que Sephiroth… en vain. Il est donc difficile de s'empêcher d'esquisser un petit sourire de connivence lors de la première apparition de Clad sur sa moto après un au revoir long de huit ans. Inutile de faire les présentations, après un court résumé des évènements du jeu, le film peut commencer.
La première impression est la beauté des images, des images de synthèse qui vont jusqu'à la précision de la texture des vêtements de cuir. C'était le principal intérêt et la seule force du flop précédent qui était joli à regarder mais ennuyeux à mourir. Jugé trop hors contexte de la saga (pas de grosses épées, pas d'invocations…), les créateurs ont décidés de rectifier le tir. Tous les éléments du jeu sont présents : les personnages, les armes, la materia, et surtout les combats.
En effet, sur 1h30 de film (et non 40 ou 60mn comme laissaient croire certaines rumeurs plusieurs mois avant sa sortie), une heure est consacrée à l'action pure et dure, dont une demi-heure non-stop. C'est d'ailleurs ce qui fait la force et la faiblesse du film. La force car on prend plaisir à voir les personnages que l'on connaît déjà, prendre vie et se déchaîner. Aussi parce que ces scènes, qui n'on rien à envier à des films tels que Matrix, Star Wars ou Bad Boys, sont bouillonnantes d'idées et de plans audacieux. On pense par exemple aux imposantes épées de Clad qui peuvent toutes se ranger dans la coque de sa moto et qui, entre elles, peuvent s'emboîter pour obtenir l'arme absolue. Michael Bay devra revoir ses courses-poursuites, Yuen Woo Ping ses chorégraphies. Et c'est ce qui fait sa faiblesse, car, à coté de ça, le scénario parait un peu trop léger. Après avoir passé 60h sur le jeu vidéo, on aurait aimé une histoire plus étoffée car ici, elle parait plus prétexte à se mettre sur la gueule. On verrait plus le film comme un épisode parmi tant d'autres, c'est dommage.
Comment parler de Final Fantasy sans évoquer Nobuo Uematsu, compositeur attitré qui a signé chaque bande originale du premier volet jusqu'au douzième (à paraître sur Playstation 3).
On retrouve les mêmes thèmes que sur le jeu, remis au goût du jour. Et la première qui nous vient forcément à l'esprit est « One Wigged Angel », le thème de Sephiroth, qui marquait par ses premières notes saccadées symbolisant la puissance et ses chœurs en sanscrit qui faisaient penser au combat du Bien contre le Mal, à une sorte d'Apocalypse. Imaginez ce que peut donner la version orchestrale quand la version du jeu nous faisait déjà vibrer !
Un aspect qui en étonnera plus d'un, car présent dans le jeu mais assez subtilement, est le coté biblique de certains thèmes et scènes qui est, certes rare, mais très flagrant : le pardon, le baptême, le paradis ou le fléau représenté par le virus qui touche les enfants. Un choix risqué car la religion peut être parfois un sujet délicat, mais qui rend les personnages plus humains. Ainsi, Clad apparaît comme un pécheur, Vincent comme un prêtre et Aerith comme un ange.
Pari réussi donc ? Oui, pour les adeptes ce film sera un petit bijou car il est dans la lignée du jeu par son univers et sa continuité. Peut-être moins pour les autres qui auront un regard plus extérieur : ne connaissant pas ce monde, ils auront du mal à se plonger dans l'histoire et n'auront aucune affinités avec les personnages, d'autant plus que le film démarre sans se faire attendre. Quoiqu'il en soit, tous prendront plaisir à regarder ce film, visuellement beau, dynamique et bluffant.
Le réalisateur Tetsua Nomura a fait savoir qu'il ne souhaitait pas s'arrêter sur ce seul film. On peut donc espérer un prochain épisode de ce même Final Fantasy VII, ou pourquoi pas une adaptation du huitième volet.
L'histoire : Cloud Strife, ancien soldat devenu mercenaire, luttant avec les souvenirs de son passé, décide de mener une vie solitaire dans une ville tranquille. U[…]