Par Kevin Prin - publié le 12 août 2004 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h08 - 24 commentaire(s)
La France bénéficie donc pour la sortie en salle d'Hellboy directement de la version longue du film. Sorti partout ailleurs (sauf au Japon, privilégié au même titre) dans sa version courte, et même en dvd canadien et américain, quelles sont les réelles différences entre ces deux versions ?

Autant le dire tout de suite : elles sont relativement minimes... mais néanmoins efficaces. Point de nouvelle scène d'action, il ne s'agit ici que d'un enrichissement du background de l'histoire, comprenez par là des relations entre les personnages. L'ensemble ne représente que 5-6 minutes supplémentaires à tout casser (on est loin des 15-20 annoncées partout, voire des 45 annoncées il y a quelques mois), s'agissant d'allongement de quelques scènes déjà présentes dans la version courte ou de rajout de saynètes.


Néanmoins ces rajouts éclaircissent quelques points. Tout d'abord les yeux de Raspoutine, le méchant de service du film : si lors de sa résurrection dans la version courte, il les ouvrait pour apercevoir ses comparses, dans la version longue il les a perdu en enfer. Il lui faudra par la suite lors d'une scène rajoutée se mettre des yeux en verre. Raspoutine est donc en fait aveugle, ce qui rajoute au surnaturel de ce personnage doté de pouvoirs psychiques hors norme, lui permettant entre autres de se mouvoir comme un être normal. Suivra donc une mini-scène où il se met ses yeux en verre, et lorsqu'il sera "vaincu" il lui manquera un oeil qu'Hellboy écrasera sans vergogne (alors qu'il a ses deux yeux en version longue).


Autre rajout, anodin en apparence mais vraiment bienvenu : la scène où le Professeur Broom (John Hurt) apprend au début du film qu'il est atteint d'un cancer est beaucoup plus explicite. Si dans la version courte les médecins discutaient dans une autre pièce que lui, cette fois-ci ils lui font face. On apprend ainsi qu'il n'en a que pour six semaines à vivre, et qu'il préfère les passer avec "son fils". Ce rajout très court justifie donc ses décisions plus tard dans l'histoire, son timide rapprochement affectif avec Hellboy, son choix de se trouver un remplaçant, et l'issue "facile" de son face à face avec Raspoutine... Un petit plus peu significatif sur le moment, mais qui justifie une grande partie du moteur de l'histoire. Mais pour sa durée, pourquoi ne pas l'avoir inclus dans la version courte ?


Autre rajout significatif : l'accentuation de la relation entre Myers et Liz, rendant Hellboy fou de rage. Une séance de photo dans le taxi les ramenant au labo, une mini-scène dans la chambre où elle explique à Myers l'utilité de ses deux élastiques autour du poignet viennent donc approfondir la complicité qui commence à les unir. A ce propos, l'une des meilleures scènes du film, celle où Hellboy traque sur les toits sa promise et le jouvenceau du FBI, est elle aussi rallongée de quelques plans, ce qui renforce considérablement le comique de situation. Même le caillou que Myers se prend dans la tête n'arrive pas tout de suite, lui laissant le temps d'en rajouter dans son bavardage de mauvais séducteur, provoquant à son impact un effet beaucoup plus hilarant.


L'apparition de Hellboy au début du film, contrairement aux rumeurs, est strictement identique, et le film n'est pas plus gore que la version courte : le combat contre les gardiens de musée ne contenant pas une goutte de sang est toujours vierge d'hémoglobine par exemple.


Autant de petits rajouts qui donnent plus d'impact à l'histoire, plus de profondeur, mais qui en aucun cas n'en mettront plein les yeux de ceux qui s'attendaient à de nouveaux combats ou même de séquences entières. Avec du recul, même si les différences sont minimes, oui la version longue est la meilleure des deux, proposant une histoire plus cohérente et riche.
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