Issue de l'esprit de l'acteur et scénariste Simon Astier, Hero Corp est une série qui ne ressemble à aucune autre. Alliant le phrasé et la convivialité qui a déjà fait le succès de Kaamelott avec un univers directement inspiré des comics de la Marvel, cette sitcom atypique bénéficie aujourd'hui d'un coffret Dvd digne de ce nom, comprenant plus de trois heures et demie de bonus divers. Scènes coupées, reportages et making-ofs divers ainsi qu'un hilarant bêtisier de 25 minutes, tout est présent pour faire le bonheur du fan et prolonger l'expérience au-delà des épisodes.
Actuellement en plein montage des épisodes de la seconde saison, Simon Astier revient avec nous sur la conception d'un coffret qu'il a supervisé de bout en bout afin de faire plaisir tant à lui-même qu'à son public.
Le coffret Dvd de cette première saison comprend un nombre important de suppléments. Était-ce prévu dés le départ ?
C'est le premier Dvd que je supervise à ce point. J'ai passé un an à le faire, du fourreau à l'esthétique générale en passant par l'aspect mat de l'intérieur et le petit vernis autour, le placement du logo et le visuel des galettes. Avant même de partir en tournage et de signer avec Universal, je me suis déjà battu pour que nous ayons quelqu'un avec une caméra sur le tournage. Nous avions prévu beaucoup de choses dès le départ, même si n'avons finalement réalisé qu'un quart de ce que nous avions en tête à l'origine. Ensuite, je pars du principe que le public me ressemble, à savoir qu'il aime bien avoir un bel objet. L'objet est important.
Vous consommez beaucoup ?
Énormément. Chez moi, il n'y a que des Dvds... et des Blu-rays, parce que je suis ultra fan du Blu-ray. Je consomme énormément de séries et de films. Du coup, j'avais vraiment envie de faire un Dvd que j'aurais moi-même envie d'acheter. Il y a donc beaucoup de bonus. Je suis repassé dessus pour faire un mixe 5.1, j'ai vraiment fait tout ce que je pouvais avec le peu de moyens que nous avions. C'est génial de faire les commentaires audio avec les copains. Il y a également des scènes coupées et même un bonus caché. J'ai vraiment poussé pour avoir un Dvd de ce type, car quand on ne pousse pas, on se retrouve juste avec les épisodes en Dvd avec rien derrière. Hero Corp est une série que l'on va chercher, que ce soit sur Comédie, sur France 4 ou sur le net, puisque la série est très piratée. On tombe difficilement dessus. Et je me dit, peut-être naïvement, que si ces gens font l'effort de la trouver, ils achèteront le Dvd. Et c'est ce qui se passe : je reçois beaucoup de messages de gens qui me disent l'avoir téléchargée, puis achetée ensuite. J'aime bien ce public. Il est plus clément que d'autres, il apprécie que l'on essaye de faire de la télé pas mieux ou moins bien, mais différemment.
"J'avais vraiment envie de faire un Dvd que j'aurais envie moi-même d'acheter"
De nombreux sondages affirment que ceux qui téléchargent le plus, achètent plus que la moyenne.
Le problème est que l'on a pas le blé pour se payer des PLVs dans les grandes enseignes de distribution. D'ailleurs je vais parfois placer le Dvd de Hero Corp à côté de ceux de Terminator ou de Harry Potter, car on se retrouve au fin fond des rayons. On sort à très peu d'exemplaires, mais il faut les vendre. Personnellement, je pense que les pirates -c'est un mot assez dur- ne se rendent pas compte à quel point le téléchargement illégal fait mal aux petites productions. Le piratage tue les gens comme nous. Ils ne vont pas tuer les gros qui vendaient 700 000 exemplaires. Les gros titres ne vendront plus que 400 000, mais seront toujours mis en avant. Par contre, les petits comme nous se font assassiner. Je pense que dans quelques années, une série Hero Corp ne pourra plus signer de contrat chez Universal à cause du piratage. Ce ne sera plus rentable, et seuls les gros titres continueront de sortir.

Aviez vous prévu une édition Blu-ray de cette première saison ?
Oui, et je pense que cela se fera le Dvd se vend bien. Mais d'un autre côté, je n'ai pas envie de sortir un Blu-ray pour la première saison, car si c'est pour faire la même chose que ce que font 90% des concurrents, à savoir un upscacle des Dvds, cela n'a aucun intérêt. Le technicien travaillant à Universal m'a expliqué tout ce que l'on pouvait faire sur un Blu-ray, et cela se prévoit forcément en amont. Ça ne s'improvise pas. Moi, j'ai un côté un peu geek à ce niveau. Je pense qu'il faut avoir des bonus spéciaux en haute définition, aller jusqu'au bout du truc. Il faut vraiment que les éditions Dvd et Blu-ray soient différentes.
Pourquoi ne pas avoir inclus les pilotes originaux avec Capitaine Trop Loin ?
Oui, il y avait Capitaine Trop Loin, Capitaine Trop Long, et je crois Capitaine Trop Près (Rires). Nous devions le faire dans une édition spéciale Fnac. Je crois que cela ne s'est pas fait parce que nous sommes trop petits. Mais nous mettrons ces épisodes un jour à disposition, peut-être sur le site officiel.
Dans les bonus, on retrouve un énorme bêtisier de 25 minutes. Vous êtes-vous un jour retrouvés devant une scène impossible à tourner ?
Une seule scène a été impossible à tourner, c'est la scène où nous ne sommes que Alban [Lenoir] et moi, et dans laquelle il mange. Ça, c'était impossible, mais c'est parce que c'est quelque chose qui me fait également beaucoup rire dans la vie.
Qui rigole le plus sur le tournage ?
Le plus sensible c'est Burt (François Podetti). Ensuite, c'est sûr que quand je joue avec Sébastien [Lalanne], Alban [Lenoir] ou Arnaud Joyet, c'est dur. Et puis moi, je me marre beaucoup quand même. Ce doit être François Podetti, et moi derrière.
Les bonus de cette première saison ont demandé beaucoup de préparation en amont, mais vous nous avez promis de faire encore plus pour la seconde. Le tournage étant achevé, qu'en est-il ?
On va faire un making-of, et j'adorerais qu'il dure deux heures et demie. Nicolas Vital, qui s'occupe des bonus, a tourné du matériel dans l'ordre chronologique en demandant aux participants d'indiquer le jour des prises face caméra. On sent vraiment l'avancée du tournage. J'aimerais bien faire un making-of sans entretiens, juste un truc bien monté qui raconte le tournage, et derrière, faire des entretiens avec les acteurs, les auteurs, mon chef monteur, le compositeur... Je pense que la majorité des gens s'en fout, mais c'est quelque chose que j'aimerais voir.
Un peu comme une version longue de ce qui se trouve déjà sur le premier Dvd concernant les compositeurs et le dessinateur ?
Voilà. J'ai envie de continuer à faire cela pour que les gens expliquent leur travail. Par exemple, concernant Lost, j'aime bien quand Michael Emerson fait le tour de la salle des auteurs. C''est agréable de voir la tête des gens. Je trouve cela intéressant parce que Hero Corp est une série qui est indissociable de son équipe. On est loin des fonctionnaires de la télé. Ils ont envie d'être là, ça les fait marrer et on va jusqu'au bout. Par exemple, je fais déjà une partie du montage sur le plateau en compagnie de deux monteurs, dont le chef monteur Nicolas Garnier qui est aussi directeur artistique sur la série. Nous avons fini le tournage de la deuxième saison le 29 Septembre, le 30 Septembre j'étais déjà en montage, et on ne s'est pas arrêtés un seul jour depuis. On travaille du lundi au dimanche, de midi à 3-4h du matin, et cela ne peut se faire que de cette façon.
Vous allez faire une pause avant la conception des Dvds de la saison 2 ?
Oui, je pense. J'aime bien ce break, car je refait un mixage son de zéro en 5.1, je ne reprend pas les bande existantes destinées à la diffusion. Cela permet d'avoir un peu de recul car je remixe tout en repartant de zéro. J'aime avoir ce recul.
Propos recueillis par David Brami

