Le réalisateur Marco Bellocchio revient avec nous sur les origines de Vincere. Cette histoire d'amour contrariée est à découvrir dès aujourd'hui en DVD.

Par - publié le 24 juin 2010 à 15h41 ,
MAJ le 24 juin 2010 à 16h09 - 0 commentaire(s)

Vincere est déjà disponible dans les bacs chez MK2. A cette occasion, découvrez notre interview du réalisateur Marco Bellocchio qui revient sur sa vision du couple maudit, l'Italie fasciste, et le rôle de la musique dans un film-"opéra" nécessaire.

 

Retrouvez le récit complet de ses aventures dans la suite ...

 

Comment avez-vous découvert Ida Daiser et son histoire ?
Presque par hasard en lisant un quotidien. Cette histoire m'a directement bouleversé, et j'ai commencé à lire sur ce sujet. Je ne connaissais pas auparavant, même si j'avais lu beaucoup de livres sur l'Italie, le fascisme. Avant la guerre, cette histoire n'était pas spécialement traitée ou très brièvement.
 
Que'est-ce qui vous a attiré chez elle ? Son courage, sa rébellion ?
Oui, ces deux traits de caractères, avec un courage étonnant. Elle va jusqu'à se mettre contre toute l'Italie. La normalité, c'est d'avoir une relation avec la réalité. Mais ce courage traduit aussi une certaine antipathie. Cette opposition était captivante à traiter dans un film.
 
Quel était le plus gros défi pour vous en représentant Mussolini à l'écran ?
Le plus difficile était de raconter une histoire si longue (30 ans) sur deux heures de film. Trouver comment synthétiser est un défi monumental. Il faut choisir les choses les plus pertinentes, et puis j'avais déjà l'idée de représenter Mussolini jeune, une idée qui germait dans mon esprit depuis quelques temps.

 

vincere_1
 
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les acteurs principaux ? Le casting, le choix ?
Pour Giovanna, ce fut assez complexe. Le caractère fut prépondérant. Concernant Filipo, il a une autorité naturelle, une ressemblance dans le regard, le choix fut plus facile.
 
La musique est-elle une source d'inspiration pour vous ?
Pour Vincere, ce fut très important.Avec Carlo Crivelli, le compositeur, on a fait un choix de musique épique, de la révolution synonyme de grand changement politique. Il y avait aussi des moments plus intimes, mais je pensais aussi à toutes ces musiques liées aux grands dictateurs. Certaines musiques sont indissociables.
Il était important d'utiliser des voix de ténors pour illustrer la virilité de l'ère fasciste.
 
Pour finir, si vous deviez donner un conseil à un jeune réalisateur ?
Je pense qu'un metteur en scène, c'est un artiste, et ça dépend de notre propre expérience. Il faut aussi des compétences techniques, des compétences dans la direction d'acteur, une sensibilité pour un scénario. La seule technique ne suffit pas, car tout le monde peut être compétent dans le domaine aujourd'hui. Quand j'ai commencé, il y avait une nécessité d'apprendre la mise en scène, le matériel, aujourd'hui, cet aspect me semble plus « simple ».

 

Propos recueillis par Nicolas SCHIAVI.


Vos réactions


  • Affiche du film Vincere

    Vincere

    L'histoire : Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que l?histoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino ? conçu[…]

Dernières news

Diaporama

logAudience