Avec la troisième saison de NerdZ sortie cette semaine en Dvd, l'équipe du collectif Une case en moins a une nouvelle fois franchi de nombreuses barrières. Si celle du bon goût n'est plus un problème depuis un moment, Davy Mourier, Mr Poulpe et Didier Richard ont cette fois approché l'écriture leurs aventures avec une logique narrative plus dense, plus audacieuse et plus construite, même si parsemée de moments de délires référentiels aussi jouissifs qu'admirables. L'année a par ailleurs été particulièrement chargée pour ces messieurs puisque Davy Mourier est enfin devenu auteur de bande dessinée et que Mr Poulpe, après avoir intégré l'équipe de scénaristes de Caméra Café, se produit désormais sur scène avec son groupe Les rois de la Suède.
Toujours accompagnés de la belle Maelys Ricordeau, nous avons rencontré la fin équipe pour la troisième année consécutive, ce durant la quatrième convention Ankama le 28 juin dernier. Une rencontre encore placée sous le signe du bon mot et de la déconne.
A noter que toute l'équipe vous propose de les retrouver ce dimanche soir au Charlie Birdy à deux pas des Champs-Elysées pour fêter Noël en avance.
Est -ce qu'il est déjà arrivé que des parents plaignent du contenu de la série ?
Davy : Non. J'ai demandé à une maman si cela ne la gênait pas que son gamin regarde la série, elle m'a répondu par un soupir de désintérêt.
Didier : Quand je parle avec les parents, j'aime bien leur demander si leurs enfants sont sages, s'ils travaillent bien à l'école, aident à la maison en faisant le ménage ou la vaisselle. Et si ce n'est pas le cas, s'il ont de mauvaises notes, on arrête la série.
Davy : Personnellement, je leur dit de bien travailler à l'école. Je fais des fautes dans mes dédicaces et je leur dit de bien aller au delà du brevet des collèges. Je leur dit aussi qu'à cause de Nerdz, jamais ils n'auront une vie sexuelle normale.

Est-ce que vous avez vu le départ de la troisième saison comme un retour aux sources par rapport à une seconde année très variée ?
Davy : Je pense que les deux se ressemblent beaucoup, à la différence de leurs rythmes respectifs. Le pic de la deuxième saison était en son milieu pour retomber vers quelque chose de plus classique, alors que la troisième saison démarre doucement avant de prendre de la puissance jusqu'au final. C'est sans doute l raison pour laquelle on nous a beaucoup reproché de tourner en rond cette année. Mais je considère Nerdz comme une série dont il faut voir les épisodes d'une traite, et c'est encore plus vrai cette année.
Mr Poulpe : En ce qui me concerne, reprendre le tournage m'a vraiment donné l'impression de remettre mes vieilles charentaises, quand je me suis retrouvé en calbut et en peignoir avec les flashs dans la gueule. Mine de rien j'étais vraiment content parce que nous ne l'avions pas fait depuis 10 mois et que cela m'avait vraiment manqué de tourner. Ensuite, nous avons repris un peu le même système que durant la seconde saison.
Davy : Beaucoup de gens regrettent la première saison.
Didier : En fait, nous n'avons pas ressenti de retour aux sources car dès le départ nous savions où se dirigeait la saison. Nous savions que quoiqu'il arrive, nous allions finir dans le village de Regis Robert.
Davy : L'idée c'était de pousser les limites de ce que peut faire une série française au niveau de ses sujets. Par exemple, les séries des grandes chaînes françaises évitent de parler d'avortement, alors nous en avons fait deux. Pareil pour les SDFs.
Didier : Souvent, quand on parle avec certains scénaristes, ils confient leur désespoir de ne pas pouvoir aborder de certains sujets. Ils sont frustrés de ne pas pouvoir aborder des thématiques comme le meurtre, le viol et d'inceste alors qu'ils travaillent sur une série policière. Du coup, tout tourne autour de cambriolages bidons.
Mr Poulpe : Mais l'idée n'était pas de choquer à tout prix. Simplement, on ne le voyait pas ailleurs alors on l'a fait.
Davy : Pour moi, la première saison de Nerdz représente l'enfance, la seconde l'adolescence, et la troisième le passage à l'age adulte, surtout avec les deux derniers épisodes. Fatalement, la prochaine saison, ce sera la vieillesse.
Didier : Cette saison, nous avons vraiment avilis nos personnages.
Davy : Un jour, un fan est venu me voir et m'a dit "J'adore Nerdz, mais je ne ris plus. Je suis toujours mais je trouve ça glauque". Et je lui ai répondu : "Alors, tu as tout compris". Quelque part, c'est un peu notre vision de la vie.
Cette année, la série a encore franchi un pas envers ses fans, notamment grâce à l'organisation de nombreux événements comme cette soirée fêtant les deux ans de la série. Qu'en avez-vous retenu ?
Mr Poulpe : Que la salle était trop petite ! (Rires)
Davy : .. et que notre public est fidèle, de façon hallucinante. A chaque fois que l'on fait une dédicace dans une Fnac, on voit débarquer deux à trois cent personnes. Il y a beaucoup de gens qui reviennent, souvent accompagnés par de nouveaux fans.
Maelys : Mais ce sont souvent les mêmes.
Didier : Nous avons cet avantage d'avoir un noyau de fans très fidèle. D'autres stars ont plus de public, vendent des millions d'albums mais ce public ne se déplace pas forcement pour les rencontrer.
Davy : Les gens voient qu'on déconne sur les vidéos prises en dédicace, ils ont envie de participer au phénomène.
Quelles sont les dédicaces qui vous ont le plus marquées ?
Davy : Dans quel sens ? Parce qu'on en a eut des gratinées ! (Rires)
Didier : C'est toujours bien de savoir qu'on a dédicacé dans la seconde Fnac de France pendant près de cinq heures, et d'entendre le directeur du magasin nous dire qu'on a fait mieux que Ségolène Royale, Dick Rivers ou Moby. Il y avait aussi cette dédicace à Dijon dans un petit festival à la cool. Ca a duré tout le week-end, on s'est vraiment amusés et ils nous ont traités comme des rois.
Mr Poulpe : On avait un petit hôtel quatre étoiles sympa...
Didier : Ils nous on loué quatre limousines.
Davy : Ils ont cru avant les autres que nous étions des stars.
Didier : Nous avions une limousine par personne, et comme Maelys n'était pas là, la quatrième servait pour apporter nos bagages.
Maelys : Des limousines ?!? Pas des limousines quand même...
Davy, Didier, Mr Poulpe (en cœur) : Si, si.
Maelys : ...
Mr Poulpe : Sinon, rapport au personnage de Régis Robert, on se rend parfois compte en dédicaces que la réalité dépasse la fiction. Alors je ne vais pas faire mon parisien en disant que les gens de province sont bizarres, mais nous avons vu des gens pires que Régis Robert. Ils venaient voir Davy et ne comprenaient pas qu'il était comédien, alors ils lui parlaient de cette manière mais au premier degré.
Maelys : Mais non...
Au final qu'est ce qui a changé pour Nerdz dans cette troisième saison ?
Davy: Déjà l'arrivée d'Ankama, qui a produit les deux derniers épisodes. On a eut une grue pour tourner...
Mr Poulpe : Ça n'a l'air de rien mais nous avons pu transporter tout le monde en train vers le lieu du tournage en Ardèche, ce qui est énorme pour un programme auto-produit.
Didier : [Beaucoup de choses ont également changé] dans notre organisation. Avant, nous tournions le soir après le boulot, donc nous étions déjà crevés en commençant, et il fallait déjà ne plus faire de bruit à partir de 22h et partir à minuit pour attraper le dernier métro. Cette fois, nous avons tourné le week-end, parfois à raison de huit ou neuf épisodes d'affilée. Nous étions également beaucoup plus préparés, et je pense que cela se ressent au niveau de l'image.
Davy : Enfin, je pense que dans cette saison, l'écriture était plus ciselée par rapport à avant. C'est vraiment ce qui a changé. Les épisodes sont plus longs, plus complets, je la trouve plus carrée.
Vous avez déjà des idées pour la suite ?
Davy : Oui.
Mr Poulpe : Nous avons déjà le début, tout n'est pas écrit mais on sait déjà comment on va faire pour se sortir de ce qui arrive à la fin de la saison.
Maelys : Moi je ne suis pas au courant.
Davy : Beaucoup d'idées en vrac, et j'ai mon idée du final, il faut voir si les autres seront d'accord.
Didier : Tout ce que l'on peux dire, c'est qu'il y aura du chapeau.
C'est à dire ?
Mr Poulpe : Ça c'est Didier. Le bide Didier.
Davy : En fait, quelqu'un a oublié son chapeau en dédicace, alors il l'a gardé.
Didier : J'ai pris le chapeau d'une nana pendant une séance de dédicaces, et en partant elle l'a oublié. Elle m'a recontactée, mais elle n'avait pas de carte imaginaire alors elle ne pouvais pas revenir sur Paris avant le mois de Juillet .Davy : C'est bon pour niquer, coco. On peut terminer l'interview sur cette phrase, "C'est bon pour niquer, coco" ?

