Par Florent Kretz - publié le 29 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 29 octobre 2009 à 22h12 - 4 commentaire(s)

Nous vous évoquions dernièrement la dimension purement ludique, attractive et enrichissante des suppléments des éditions de cet Incroyable Hulk qui, de manière détournée, faisaient la part belle aux idées mises de côté. Aujourd’hui, nous vous rappellerons la qualité irréfutable de l’image et du son : si les DVDs se révèlent largement à la hauteur de nos espérances, le Blu-Ray, lui, casse littéralement la baraque ! Petit tour dans les aventures d’un géant vert qui semble posséder une place toute légitime dans vos bluraythèques.

 


Ce n’est un secret pour personne : L’incroyable Hulk n’a pas charmé le public par ses grandes envolées dramatiques faisant du géant vert le plus furax de l’univers Marvel le héros d’une tragédie humaine, à l’image de l’initiative de Nolan sur The Dark Knight. Ce n’est pas non plus le second degré assumé et la franchise ultra fun d’un Iron Man qui avaient rempli les salles : lorsque l’on s’apprête à se confronter à Banner et son alter ego monstrueux, on espère s’en prendre plein la tronche dans un déluge d’effets visuels démentiels et autres prouesses techniques et destructrices ! Alors quand on nous propose, en plus, une approche un peu plus poignante et s’attardant sur les enjeux réels... Ça ne peut pas se refuser ! Et même si, il est vrai, l’initiative avait déjà été remarquée dans d’autres adaptations, reconnaissons que L’incroyable Hulk tient plutôt bien la route, emporte haut la main son prix de "divertissement réussi" et se permet même quelques très beaux moments.

 


D’ailleurs si le film en lui-même en aura déjà convaincu plus d’un, c’est incontestablement les prouesses techniques du Blu-Ray Disc qui enfoncera le clou. Image impeccable, un son saisissant... L’Incroyable Hulk s’impose assurément comme une référence pour le support. Car si ce dernier a fait ses preuves depuis quelques temps avec une pléiade de titres tous plus impressionnants les uns que les autres, le film de Louis Leterrier trouve un nouveau souffle lors de son passage dans les salons : alors que l’on aurait pu craindre qu’un spectacle haut de gamme en perde en matière d’immersion entre une projection sur grand écran et une diffusion sur un téléviseur ou dans un home cinéma, il n’en est rien... au contraire!

Certes, il est toujours plus impressionnant de voir la confrontation entre deux titans dans la salle d’un multiplexe, surtout quand la baston prend vite l’allure d’une destruction massive d’un quartier new-yorkais. Mais il est évident, au vue du résultat distribué par M6 Vidéo, que les petits plats auront été mis dans les grands pour niveler la différence au niveau zéro : le métrage reste toujours aussi dantesque. Nous irons même jusqu’à dire que le choc entre le personnage de Lee et Kirby et la terrible Abomination trouve une certaine grâce captivante, soulevant par la même occasion une nouvelle question. Défonçons donc les portes ouvertes et pointons cette interrogation qui se métamorphose en affirmation en découvrant les colères de Bruce Banner : il semble évident que les métrages à grand spectacle, et plus spécialement les séquences à effets, sont développés lors de l’élaboration pour être plus homogènes sur les écrans des particuliers. Bien sûr, nous désignerons les exceptions telles que le dernier volet des aventures du justicier de Gotham : celui-ci s’offrait quelques passages affolants en IMAX pour permettre une meilleure immersion dans l’action. Mais rappelons que le transfert sur Blu-Ray, aussi génial soit-il, s’acoquinait d’un vilain revers : le format change durant la diffusion entre les courses en Batpod et les dialogues par exemple ! Mais pour Hulk, il n’en est pas question. Premièrement, les désirs visionnaires des deux metteurs en scènes (Nolan et Leterrier) n’ont strictement rien à voir et il est grotesque de mettre les deux en parallèle. Ensuite, si Nolan fignolait ses prises en IMAX pour rendre d’une véracité sans faille les actions spectaculaires dans un contexte crédible (à opposer à « réaliste »), le second, lui, prend à bras le corps son histoire fantastique de monstre gigantesque et rageur : partant du principe que l’intrigue est résolument épique, incroyable et inouïe, le principal enjeu est de parvenir à intégrer parfaitement son colosse dans des prises de vues réelles.


Si toutes les techniques traditionnelles sont mises en exergue dans la foule de suppléments qui orne les galettes (jeu d’acteur, humanisation scénaristique…), Leterrier et son équipe se seront penchés sur une bonne absorption de la synthèse dans le réel et ce de manière technologique. Car on se souvient tous d’événements clés dans l’histoire du cinéma (Jurassic Park par exemple) où le spectateur n’y voyait que du feu entre les prothèses ou autres mannequins animés et incrustations par ordinateur. Là où L’Incroyable Hulk semble se faire le jeu d’un procédé maintes fois joué (personnage entièrement en CGI), il marque pourtant un très bon point : l’ensemble de l’étalonnage, des plans et des actions semble avoir été pensé et développé pour que l’illusion soit totale. Ainsi, on n’a plus l’impression d’assister à la confrontation simulée de deux êtres de deux dimensions mais d’être invités à une vraie rencontre : celle du réel et de l’incroyable. A ce titre, les plans dans lesquels l’acteur Tim Roth se dresse devant le colosse sont affolants et tombent sous le sens! Pour cela, il semble qu’un travail remarquable aura été fait en conformation : la gestion des couleurs et des teintes, les contrastes remarquablement appuyés et un dosage des noirs bien senti, mêlés à une compression modèle, entraînent le spectateur dans une plongée délirante dans cet univers où une colère peut se solder par une claque cataclysmique ! Et on se souviendra longtemps de certaines séquences qui tentaient la même chose (concilier l’expérience salle à la découverte salon) mais qui hélas se clôturaient de manière regrettable : rien qu’une simple poursuite sur grand écran entre Spidey et le Super Bouffon offrait un torticolis et une invitation chez l’oculiste pour la moitié de la salle... avant que justice soit rendu sur un téléviseur.

 




Reste les problèmes de son : assurément un film bien projeté dans une salle à l’appareillage soigné contribue à une expérience inoubliable. Mais avec les nouvelles propositions faites aux particuliers, il est probable que beaucoup d’entre nous puissent découvrir les œuvres dans des qualités exemplaires. Là où le DVD de L’Incroyable Hulk se targuait d’un stéréo et d’un 5.1 riches et puissants, le Blu-Ray met les bouchées doubles, initiative honorable mais que seuls les plus équipés pourront apprécier. Entre un DTS-HD Master audio 5 pour la version française et un DTS-HD High Résolution pour la version originale, les spectateurs seront servis ! Avec un mixage réussi et une profondeur de champ impressionnante, gageons que L’Incroyable Hulk sera aussi pertinent en salle que dans les salons !

 


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