Par - publié le 18 novembre 2008 à 11h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h39 - 0 commentaire(s)
Que ce soit dans l’horreur pure ou la distanciation ironique, Mario Bava excelle dans tous les domaines et ridiculise une concurrence actuelle qui mise sur la surenchère gore pour en mettre plein la vue. La fille qui en savait trop, se révèle un modèle d’efficacité, de simplicité et d’humilité. Une démonstration supplémentaire de la virtuosité du maestro Italien. C'est aussi un véritable classique du giallo (thriller italien, "gialli" au pluriel). Il est à l'origine des plus grands films de Dario Argento et il ressort en zone 2. L'occasion est trop belle pour ne pas être manquée !



Fraîchement débarqué des Etats-Unis, les soucis se multiplient à une vitesse folle pour Nora Davis (Leticia Roman) dès son arrivée à Rome. La personne agée dont elle devait s’occuper meurt pendant la nuit, elle se fait ensuite agressée par un inconnu qui lui vole son sac à main. Et comme si cela ne suffisait pas, elle devient le témoin involontaire d’un assassinat avant de s’évanouir. Questionnée par la police, elle apprend que le cadavre de la victime qu’elle croit avoir vue n’a pas été retrouvée. Son imagination, lui a-t-elle joué des tours ?…

Que ceux qui n'ont jamais vu ce classique parlent ou se taisent à jamais ! Révélé en tant que cinéaste grâce à son fantastique (dans tous les sens du terme) Masque Du Démon, Mario Bava, qui cumule une fois de plus les fonctions de réalisateur et directeur de la photographie, nous offre un film dont l’esthétique en plus d’être sublime (jeux d’ombre et lumières très travaillés et maîtrisés à la perfection), contribue à l’ambiance inquiétante de cet hommage évident au cinéma d’Alfred Hichcock (et son film l’Homme Qui En Savait Trop).




Ce sacré farceur témoigne dans chacun de ses films un plaisir à varier les genres (existe-il un registre qu’il n’ait pas fréquenté?) et un amour infini pour le cinéma. Malgré l’inévitable usure du temps, ses œuvres contiennent encore des moments de génie qui se manifestent dans l’utilisation de la lumière, la composition des plans et, plus généralement, l’art de suggérer avec un minimum de moyens. Le succès de La Fille Qui En Savait Trop popularisa le giallo (thriller italien) en faisant de Mario Bava un maître du genre. Son disciple, Dario Argento, fera appel deux décennies plus tard à l’acteur principal de ce film, John Saxon, pour son superbe Tenèbres, qui rend hommage au genre. Genre qui atteint son apogée en 1964 avec le chef-d’œuvre de Mario Bava : Six Femmes Pour l’Assassin.
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