La grande Faucheuse frappe partout, et nos héros préférés ne font pas exception. Ally McBeal et la mort de Billy, l'accident de voiture de Marissa dans Newport Beach, le meurtre inévitable de Prue dans Charmed... Petit aperçu des morts les plus marquantes.
Six Feet Under
Alan Ball est un scénariste talentueux, capable d'impliquer le spectateur d'une manière étonnante. Sa série a beau s'ouvrir à chaque épisode sur une mort comique ou tragique, impossible de se résoudre au fait que tout le monde finit par mourir, à commencer par les personnages principaux. Aussi, Nate a beau avoir traîné sa tumeur au cerveau depuis la fin de la première saison, sa mort restera un des évènements les plus marquants de la série. Déjà parce qu'il est un des moteurs principaux de l'histoire et qu'il reste encore trois épisodes avant la fin définitive de la série. Mais surtout parce que personne ne met en scène la mort comme Alan Ball et ses scénaristes. Le rêve et l'hallucination étant des outils propres au style de Six Feet Under, ce sera pendant son sommeil que David verra l'image de la mort de son frère, tout excité à l'idée d'aller nager dans l'océan. « Mais il pourrait y avoir des requins » s'écrit David avant de se réveiller devant le corps inerte de son frère, les yeux vides, grands ouverts. La vision du nom de Nate sur un fond blanc pour la seconde fois depuis le début de la série est une des choses les plus traumatisantes de Six Feet Under.
Battlestar Galactica
Depuis le téléfilm qui a lancé son succès, Ronald. D Moore et son équipe de scénaristes ont fait très peu de concessions. En dehors de quelques épisodes indépendants ridicules, résultats de pressions exercées par la chaîne Syfy, Battlestar Galactica a toujours été une série pessimiste portée par une poignée de personnages profondément bornés, capables de devenir terroriste, meurtrier, menteur ou hors-la-loi, et déterminés à ne pas voir au-delà du blindage en acier de leurs ennemis jurés. L'évènement le plus sombre sera certainement l'arrivée de l'équipage sur la Terre, planète mythique censée accueillir les restes de l'humanité dans un environnement verdoyant et paisible. La grève des scénaristes n'ayant épargné personne, ce sera la dernière image de la première partie de la quatrième saison : un long plan-séquence sur les personnages désespérés, assis sur une terre noire au milieu d'une vision post-nucléaire. Avec cette image cauchemardesque disparaît le seul espoir qui a maintenu en vie les héros depuis trois années, et c'est dans le onzième épisode que la douce et tendre Dualla décide de se suicider. Une scène choquante, d'autant plus inattendue que la jeune femme ouvre son casier d'une manière anodine, un léger sourire au coin des lèvres, et jette un dernier regard à son reflet avant de se tirer une balle dans la tête.
Moins surprenante mais non moins tragique, la disparition de Laura Roslin restera elle-aussi puissante. Arrivée au bout de son voyage pour sauver l'humanité, elle s'envole avec Adama pour finir ses jours paisiblement. A peine ont-ils décollé qu'elle s'endort et s'éteint silencieusement, laissant Adama seul. Une histoire d'amour sobre, joliment esquissée au fil des saisons.
Lost
Bien avant de faire exploser sa mythologie dans le temps et l'espace, la série de J.J Abrams suivait un chemin plus classique mais non moins palpitant dans ses deux premières saisons. Ce sera donc d'autant plus marquant de voir certains personnages disparaître. A commencer par Boone, première victime de la série, rapidement suivi par sa sœur Shannon, victime d'une erreur humaine lorsqu'Ana Lucia la prendra pour une « Autre ». La même Ana Lucia qui, comme Libby, sera à son tour tuée à bout portant par Michael. Un véritable effet boule de neige chaque fois plus étonnant et marquant puisque, finalement, chacun a ses raisons.
24 heures chrono
Difficile de s'en souvenir mais il y a presque neuf ans, Jack Bauer prenait vie pour la première fois. Une première mission de taille puisqu'il était chargé d'empêcher l'assassinat de David Palmer, premier Président noir des États-Unis. Complots, trahisons, manipulations et kidnappings en tout genre ponctuent chaque épisode, conférant un rythme incroyablement trépidant à la série. Passons sur la diabolique Nina Meyers qui causera le suicide d'une de ses collègues et attardons-nous sur l'évènement le plus traumatisant : la mort de Teri Bauer. Point final de la première saison (une conclusion différente où elle survit avait d'ailleurs été tournée au cas où une fuite aurait ruiné la surprise), la disparition de Teri est clairement l'évènement le plus important pour comprendre la future histoire de Jack. D'une sobriété étonnante (la caméra s'éloigne, le compte à rebours demeure silencieux), cette dernière image fait office de premier pas dans la descente aux enfers du personnage. Avec un début comme celui-ci, impossible d'imaginer une conclusion optimiste. L'avenir nous le dira.
The Shield
La grande force de Shawn Ryan est d'avoir écrit un personnage ambivalent, véritable justicier capable de tuer ou voler quand cela devient nécessaire. Un homme torturé dont la chute sera accélérée pendant chaque saison jusqu'à ce qu'il finisse seul au monde et loin des siens. Le pilote de The Shield est particulièrement mémorable. Pas par son efficacité ou ses dialogues, mais par le portrait qu'il dresse de Vic MacKey : l'épisode se clôt lorsqu'il tire une balle dans la tête d'un jeune collègue. Pas d'explications, pas de préparation, pas de pitié. Un événement qui sera le fil conducteur sous-terrain de toutes les intrigues à suivre, et qui mènera indirectement tous les personnages droit dans le mur. Dans la dernière ligne droite, Shane jettera une grenade dans la voiture de son ami Lemansky avant de s'écrouler en sanglot. Quelques épisodes plus tard, il tuera sa femme et ses deux enfants avant de se tirer une balle dans la tête. Aucune échappatoire n'est possible. The Shield restera une des séries les plus marquantes des dernières décennies.
Urgences
Au beau milieu de sa sixième saison, la première grande série médicale terminera un de ses épisodes sur une image traumatisante : celle de Carter, poignardé dans le dos par un patient et qui tombe au sol pour découvrir quelques mètres plus loin la douce Lucy, en sang.
Quelques saisons plus tard, la mort du docteur Greene sera orchestrée d'une manière beaucoup plus larmoyante. Les ficelles sont bien évidemment énormes, mais l'attachement au personnage est si fort que tout fonctionne parfaitement. Un des derniers grands moments de la série.
Buffy contre les vampires
Malgré un titre et un postulat de départ presque comiques, la série de Joss Whedon est une des choses les plus marquantes que la télévision ait données. Tout à tour absurde, trépidante, profonde, comique ou expérimentale, les aventures de Buffy Summers et ses amis ont été une source d'inspiration sans précédents dans la carrière de Whedon. Bien sûr, les morts sont monnaie courante dans l'univers impitoyable de Sunnydale, à commencer par la Tueuse elle-même qui disparaîtra un certain nombre de fois, la plus marquante étant son sacrifice ultime pour sauver sa petite sœur et, par la même occasion, le monde entier. Contrairement aux autres, cette mort ressemble davantage à un suicide paisible, et c'est par la force qu'elle sera contrainte à revenir sur Terre. Tara sera elle-aussi une victime accidentelle des évènements, brutalement tuée par une balle perdue.
Mais la mort la plus étonnante de ces sept saisons est sans aucun doute celle de Joyce Summers, la mère de Buffy, victime d'une rupture d'anévrisme. Un épisode inédit où les monstres et la musique disparaissent devant l'horreur de l'évènement. La caméra déambule, sous le choc, aux côtés de l'héroïne, et termine l'épisode au moment où Dawn est sur le point de toucher le cadavre froid de sa mère à la morgue. Une rigueur et une sobriété qui imposent Joss Whedon comme un metteur en scène de talent, et qui prouve que derrière cette histoire de gousses d'ail se cache une sensibilité étonnante.
Desperate Housewives
Tout n'est pas toujours rose bonbon à Wisteria Lane. Un ouragan a beau être un événement finalement mineur, sitôt vécu, sitôt oublié, ce sont des scènes beaucoup plus simples qui resteront gravées dans les mémoires. La mort de Rex par exemple. Annoncée en fin de saison par un coup de fil, elle laissera Bree sous le choc, revenant à son ménage et son rangement comme un premier instinct de survie. Celle d'Edie aussi, qui avait d'abord fait semblant de se suicider mais qui n'a cette fois-ci pas eu le temps d'échapper à une mort pour le moins absurde. Un accident, une ligne électrique, une flaque d'eau, et voilà que la garce de Desperate Housewives disparaît aussi simplement qu'elle est arrivée. Notons tout de même qu'aucune de ces morts n'est véritablement puissante, les personnages principaux étant constamment épargnés. Marc Cherry a annoncé une nouvelle catastrophe au mois de décembre : les paris sont lancés.
NCIS
La série n'a certes rien de marquant, mais la disparition de l'un de ses personnages principaux est un moment extrêmement violent. En fin de saison 2, Kate Todd est tuée d'une balle dans la tête, purement et simplement. Les scénaristes auront avant cela fait preuve d'un humour pour le moins surprenant en se jouant des codes du genre. Et dans une série aussi peu innovante, un événement comme celui-ci est d'autant plus marquant.
Une semaine après Massive Attack, c'est au tour du groupe Zero 7 de noircir nos colonnes. Les deux Londoniens sont revenus cette année avec un nouvel album, Yeah Ghost, avec encore plus de musique pour le cinéma.
