Par Arnaud Mangin - publié le 18 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h47 - 14 commentaire(s)
Dans moins de trois semaines, John McClane va remettre le feu aux poudres pour une quatrième fois, relançant l'actualité du cinéma d'action par la même occasion. L'attente des fans étant "Enôrme" ! En tout cas, le grand et le petit écran faisant toujours aussi bon ménage, les trois premiers opus de Die Hard se refont un très léger lifting puisque regroupés dans un coffret collector qui lui est déjà prévu pour la semaine prochaine. Peu d'informations ont pour le moment filtré, si ce n'est la présence d'un septième DVD venant compléter les trois des films et les trois de leurs bonus respectifs. Si le contenu des six autres DVD est encore inconnu (il reste vraisemblable qu'il s'agira des mêmes DVD que les précédents), le septième nous est enfin parvenu. Il s'agit incontestablement d'un petit argument commercial servant à relancer la machine, et si la durée globale du programme déçoit quelque peu, cette petite pièce rapportée n'en reste pas moins riche de sens.

Le mauvais gars, au mauvais endroit, au mauvais moment :
Flashback sur Piège de Cristal : (39 min57)

Le temps nous a habitué à revivre les grands classiques sur de longs décorticages en guise de bonus DVD, et 40 minutes seulement sur Piège de Cristal nous paraît encore bien mince. Forcément, l'absence au programme de Bonnie Bedelia, Alan Rickman ou même Bruce Willis lui-même (occupé à détruire Washington lors du tournage de ce documentaire) en font un programme encore incomplet. Mais il compense néanmoins l'un des énormes vides laissés parmi les bonus du premier Die Hard, et nous propose enfin un vrai making rétrospectif digne de ce nom. Etrangement, si les comédiens titres du film ne répondent pas présents, on sera ravi d'y redécouvrir aussi quelques seconds couteaux inoubliables comme Reginald VelJohnson (Powell), William Atherton (Thornburg), ou Hart Bochner (Ellis, méconnaissable sans sa barbe) ou les principaux techniciens de l'affaire comme Steven E. De Souza (scénariste, mais aussi réalisateur de Street Fighter), le toujours aussi désopilant Jan De Bont qui faisait du bon travail à l'époque et bien évidemment John McTiernan.


Le montage du documentaire lui-même dévoilant le point culminant du film (l'explosion du sommet de la tour et la chute de l'hélicoptère) impose directement le style du propos puisqu'il enchaînera immédiatement le vrai tournage de ladite séquence où l'on découvre le véhicule en question, gros comme une boite d'allumettes, tomber au pied d'un technicien. Un détail, mais la transition reste suffisamment amusante en guise d'illustration pour le souligner. Comme précisé ci-dessus, de nombreux éléments seront laissés en reste puisque les stars du film ne sont pas là pour témoigner, mais le cœur et l'effort fourni pour mettre sur pied cet incroyable aventure nous est ici ouvert. Et lorsque l'on parle d'aventure, il est bien évidemment question du film lui-même, mais également de son tournage. Le scénario sera le point central de la première partie du documentaire où McTiernan expliquera étrangement que Piège de Cristal est sa version musclée de Songe d'une nuit d'été de Shakespeare : Une nuit folle où gentils et méchants ne savent plus dans quel rang se placer, où le monde est radicalement à l'envers avant que ce même monde devienne meilleur le lendemain. Une écriture plus alambiquée que prévue puisque le film sera passé par de nombreux stades, d'abord sur une certaine gravité du vrai terrorisme (d'abord envisagé) pour basculer vers le cambriolage violent. Laissant ainsi plus d'ouverture au divertissement que Die Hard est au final, et que le réalisateur a toujours souhaité offrir.

En passant brièvement sur le choix des acteurs, on s'intéressera au tournage et surtout à l'utilisation du gratte-ciel en lui-même qui s'impose comme un personnage essentiel. Et acteur à part entière dans le cas précis. On nous y explique le long cheminement pour trouver le décors idéal, et les nombreuses complexité pour y utiliser les effets spéciaux de plateau (quelques explosions ont réellement été effectuées dans une tour) comme de l'éclairage (une mauvaise lampe et tout les techniciens sont reflétés dans les vitres). De Bont nous y expliquera d'ailleurs que l'assaut des hélicoptères au ras du sol n'aura nécessité que deux heures. Les anecdotes fusent, ce qui fait ici bien rire tout le monde, comme le fait que des cabinets d'avocat installés quelques étages plus bas voyaient leurs clients fuir à cause des coups de feu, ou que les agents du FBI qui protégeaient Ronald Regan – alors en visite – ont eux-mêmes pris en joue les quelques figurants armés qui déambulaient autour de l'immeuble. Tristement incomplet, on le répète, mais un vrai petit cadeau pour les fans.


Les aventures perpétuelles de John McClane (14min10) :
D'une durée plus insignifiante encore, ce bonus néglige un peu tristement les opus 2 et 3, en survolant brièvement leur conception d'une façon alternative. Un coup ce sera Renny Harlin, et un autre ce sera McTiernan (le retour) qui retraceront très (trop) vite les autres aventures du père John. Reconnaissons au Finlandais un plaidoyer sincèrement convaincant, et qui aura surtout l'honnêteté de reconnaître que le projet lui aura un peu échappé de par une écriture amusante mais techniquement complexe (comment faire perde son arme à McClane et comment le lui en redonner une toutes les cinq minutes), et surtout par l'empressement de la production qui ne lui a jamais laissé le temps de mettre sur pied certains éléments importants. Mais il aura surtout une autre honnêteté, bien rigolote celle-là, consistant à nous dévoiler tout ce qui est concrètement faux dans son film, sans même que l'on s'en rende totalement compte. Un siège éjectable dans un avion cargo : faux ! Le fait que l'on puisse téléphoner depuis l'extérieur vers le téléphone d'un passager dans un avion de ligne : faux ! Des souterrains sous les pistes d'atterrissage : faux ! Ou même une machine qui écrase la tête d'un vilain dans la salle de bagage : encore faux ! D'ailleurs pourquoi un appareil écraserait-il les valises comme se le demande encore Harlin lui-même ? De son côté, McTiernan se montrera plus avare en confidences sur Une Journée en enfer, même s'il appuiera lourdement sur le fait que le troisième film est bien meilleur que le second d'une manière sous entendue. Pas très fair-play…


Die Hard 4.0
Même pas un petit documentaire promo histoire de nous faire patienter, et encore moins d'images inédites, la section consacrée à la quatrième aventure de McClane ne se limitera qu'aux bandes annonces déjà découvertes sur le net. Celle de MSN, la bande annonce internationale et le premier teaser. Une façon un peu abrupte de conclure un produit ô combien intéressant, mais malheureusement incomplet.
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