Miami, deux Criminels à la petite semaine, Matt Kirby et Wilbur Walsh tentent de commettre un hold up dans un supermarché. Par erreur ils se retrouvent dans les locaux de la police où ils sont engagés. Devenus deux super flics ils vont mettre à mal un trafic de drogue et faire la vie dure aux gangsters de tout poils.Un gros bourru au grand cœur et un blondinet malicieux et manipulateur, Laurel et Hardy de la bastonnade, réunis dans des aventures rocambolesques et parodiques. Sur cette trame fine comme un cheveu, nos deux compères Bud Spencer (alias Carlo Pedersoli ancien champion de natation) et Terence Hill (alias Mario Girotti vu dans
le Guépard) s’illustrent dans une série de longs métrages tels que
Pair et impair (Sergio Corbucci 1978),
Quand faut y aller, faut y aller (E.B Clucher 1983) ou encore
Attention les dégâts (Clucher 1984) tous prétexte à de multiples scènes de baston ou de destruction de voitures (un véritable sport en soi !!!).
Mais
Deux super flics reste le film qui réunit le mieux ces éléments pour un plaisir coupable mais jouissif, nanar au grand cœur dont les visions multiples n’altèrent en rien les éclats de rire (il faut certes aimer cet humour !!!).

Au programme destruction de voitures (toujours le même modèle !!!!), bastons à gogo dans tous les endroits possibles, un homme utilisé comme un ballon de foot, un autre comme boule de bowling, truands et caïds risibles et ridicules(attention les mafieux !), bimbos au cerveau de moineau et un doublage français mémorable. Tout ici fleure bon le nanar du samedi soir. A cela il faut ajouter une entraînante musique pop rock composée par Guido et Maurizio De Angelis que l’on entend d’ailleurs quasiment à chaque scène. D’un point de vue technique le film est sobrement mis en scène (avec un risible faux raccord lors de la scène de l’arrivée du bateau), tourné en majeure partie à Miami, sauf pour la scène du billard tournée en Italie, avec même quelques passages subtils et touchants (la scène de la balade en moto avec Laura Gemser).
Mais l’essentiel de ce buddy-movie reste les innombrables bastons de nos deux justiciers. Quelsque soit l’endroit, à 1 contre 5 ou 2 contre 50, les baffes et les corps volent, les coups pleuvent, un peu comme un Tex Avery. Petites joutes chorégraphiées avec soin et humour, le chef des cascadeurs jouant l’un des malfrats, dont le côté déjanté et parodique (on pense aux bagarres des westerns par moments) est délectable, surtout lors de la scène finale dans le bowling où tous les moyens sont bons pour cogner les truands : chaussures, quilles ou cannes
de billard (voir ce moment où Bud Spencer se sert d’un homme pour faire un strike…. énorme !!!).
De moments cultes à se passer en boucle, le film en regorge. Outre celle du bowling, la scène du repas avec les deux blondes est anthologique au même titre que celle de l’arrestation du notable ou encore l’arrivée d’un bande de loulous aux corps et aux looks ridicules dans le snack où déjeunent les deux héros (ma préférée !!!).
Voici donc un véritable plaisir coupable sur pellicule, un buddy-movie où deux acteurs en roue libre baffent et cognent pour notre plus grand plaisir, un nanar peut-être mais un sacré bon moment de déconne, un de ces films où le ridicule des acteurs et des situations amplifie l’humour des scènes au point d’en devenir jouissif, un film d’un autre temps, alliage surprenant de pantalonnade et de slapstick comédie. Un vrai bon nanar quoi !!!