Belle et déroutante, la présence renouvelée de Ronit Elkabetz marque ces derniers temps les amateurs grandissant d’un cinéma israélien qui n’a de cesse de s’affirmer. Ainsi, dans son sillage, la comédienne n’a fait que gagner en estime et popularité. A un point tel qu’au côté de la Belle Hiam Abbas, elle est de celles que l’on reconnaît immédiatement. En effet, quand son visage à l’écran se ferme, tout paraît s’emplir d’une telle gravité que rares sont celles qui peuvent l’égaler. C’est donc pour mieux la connaître et davantage la cerner que nous allons nous saisir de la sortie en DVD de son dernier film, Les Sept jours, pour l’évoquer.
Une actrice israélienne qui gagne l’Internationale du cinémaNée à Beer-sheva durant l’année 1966, Ronit s’engage dès son plus jeune âge vers des horizons bien éloignés de la danse. En effet, le stylisme et la mode sont très loin de mener aux métiers du cinéma et pourtant le hasard permettant d’heureuses rencontres, une audition inattendue s’impose. Et son talent explosant avec l’opportunité, cette dernière est engagée pour
Le Prédestiné, un film de Daniel Wacshman. Parti vers de nouvelles expériences, la jeune comédienne amateur se risque alors dans la carrière et s’avance vers de nouvelles interprétations (
Eddie King, La Cicatrice, Sh’chur, Milim, Ben Gourion…).
Devenant l’une des figures les plus incontournables du cinéma national, la jeune femme se cherche alors à de nouvelles inspirations. S’installant en France et œuvrant notamment sous la direction d’Ariane Mnouchkine, Ronit Elkabetz continue cependant à tourner. D’
Origine contrôlée à
Alila en passant par
Mariage tardif ou
Mon Trésor, notre actrice gagnant en maturité et expressivité devient un visage familier des métrages d’Amos Gitaï. Cependant, l’envie de faire elle-même la gagne et décide d’ajouter à ses talents d’actrice, ceux de scénariste et de cinéaste…
De l’interprétation à la réalisation : une progression familialeSous la férule de Schlomi Elkabetz, son cadet, elle se mêle ainsi de mise en scène et se prend au jeu de la réalisation sur
Prendre femme, première étape d’une trilogie familiale centrée sur les relations d’une figure féminine récurrente. Ensuite, celle dont le talent s’était également exprimé aux cotés de Haim Bouzaglo pour
La Cicatrice, l’incandescente Ronit reprend son ouvrage et retrouve son frère sur Les Sept jours. Mais dans l’intervalle, fidèle à une certaine ligne et connue de plus en plus en dehors des frontières israéliennes, un rôle s’intercale, celui de Dina dans
La Visite de la fanfare d’Eran Kolirin. Portée par sa réussite et son charisme, la fascinante jeune femme profite à plein de l’exposition que lui confère une nouvelle fois le festival de Cannes puisque sa sélection dans la catégorie Un Certain regard amène le film à des publics inattendus de nombreux pays.
In fine, c’est presque sans surprise qu’on la retrouve associée avec André Téchiné, l’auteur du film Les Roseaux sauvages, sur La fille du RER. Et quand on sait que trois films en 2009 la proposeront à leurs castings (Jaffa, Zion et son frère, Cendres et sang), on ne peut que s’enthousiasmer de retrouver une pareille présence dans nos salles. Car du haut de son regard brun, Ronit Elkabetz en deux décennies s’est affranchie et s’est installée comme l’une des actrices les plus exaltantes de son époque. Et c’est plein de promesses et d’attentes que l’on attend ses futurs projets parce que lorsqu’une telle femme s’engage, il y a fort à parier qu’elle ne fera pas économie de son talent.