Par Sylvain Perret - publié le 05 novembre 2007 à 03h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h10 - 2 commentaire(s)
Les éditions vidéos des films de Dario Argento n’ont que très rarement donné satisfaction aux cinéphiles. Copies coupées ou pan & scannées, en version française uniquement, dans des masters indignes du talent visuel d’Argento, etc… Certains de ses films sont par ailleurs indisponibles encore aujourd’hui en DVD alors que la France fut un des premiers pays qui considéra Argento comme un véritable auteur. Pourquoi ne pas trouver alors sur support numérique 4 mouches de velours gris, Inferno ou le Cinque Giornate ?


Mis à part les Frissons de L’Angoisse, édité là encore chez Wild Side, le travail pictural de l’auteur ne trouvait pas de seconde vie et se trouvait dénaturé, comme l’atteste l’ancienne version de Suspiria chez TF1 vidéo à l’image granuleuse et aux couleurs délavées. C’est aux Etats-Unis qu’il fallait se tourner pour trouver les copies les plus parfaites de la plupart des films du réalisateur italien chez Blue Underground, ou Anchor Bay qui sortit une édition qui fut pendant longtemps une référence : celle de Suspiria justement, en THX…

Alors quelle édition choisir ? Faut-il racheter Suspiria si on possède l’édition américaine ? La réponse n’est pas simple. En terme de son, l’édition française est mieux lotie, avec la version Italienne remasterisée et en 5.1, avec surtout des sous-titres. Oublions les éditions DTS et Dolby Digital de Blue Underground, excellentes, mais en Anglais. Même post synchronisée, la véritable version originale est l’italien.


Ensuite en terme de bonus. Certes, il n’y a pas le clip de Daemonia ni le documentaire de 52 minutes pour les 25 ans du film. Mais tous les suppléments intéressants sont repris sur l’édition de Wild Side. Et si nous n’avons pas eu accès à la bande originale, il y a de fortes chances que le disque de l’édition française soit le même que celui déjà présent chez Anchor Bay.


Maintenant parlons du point le plus délicat : l’image. Et bien en terme d’image, c’est la nouvelle édition qui fait référence, avec un étalonnage respectant plus le travail d’Argento, et supervisé par Luciano Tovoli, le directeur photo du film. De plus, le disque américain a une compression un peu plus visible. Toutefois, celui-ci était déjà magnifique… Donc, si vous possédez le disque TF1, vous pouvez racheter Suspiria sans hésiter. Si vous possédez l'édition américaine et que celle-ci vous convient, que vous n'êtes pas fanatique des bonus, inutile de vous procurer cette nouvelle édition. Si vous êtes un inconditionnel des suppléments ou si vous avez investi dans un vidéoprojecteur, le disque de Wild Side est fait pour vous. Evidemment, si vous n’avez pas acheté cette œuvre, jetez-vous sur cette splendide édition.


Si vous n'avez jamais vu le film, et que vous hésitez encore sur la qualité artistique de Suspiria, des projections au cinéma en haute définition auront lieu à la fin du mois dans quelques salles équipées. Sautez sur l'occasion, c'est vraiment quelque chose à saluer de la part d'un éditeur qui prend de vrais risques financiers en diffusant un tel film au cinéma. Il s’agit là d’un effort rare, et si vous devez aller au cinéma pour le défendre, pour voir d'autres films dans de telles conditions, c'est le moment.


Pour finir, il est presque certain que le matériel ayant servi à faire le DVD, servira à une future édition sur support haute définition. D'ailleurs un petit bémol à Wild Side qui n'a pas, comme pour Le Labyrinthe de Pan, décidé d'incorporer dans son coffret une édition HD-DVD. Néanmoins, rien n'est prévu pour l'instant, et si vous voulez attendre les 40 ans du film, ça vous regarde. Car malgré tout le disque américain est de bonne tenue.

Œuvre culte par excellente, Suspiria est tout simplement le cinéma, sa raison d’exister. Une œuvre primordiale et incontournable.


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