Qu'avez-vous fait avant The Human Centipede?
J'ai commencé en tant que réalisateur sur le premier "Big Brother" aux Pays-Bas. C'était aussi le premier au monde. On peut ainsi dire que je suis né avec la téléréalité... Et que mes films découlent de cette mouvance. Ensuite, ma sœur Ilona et moi-même avons monté une société de production (Six Entertainment) et j'ai écrit et réalisé trois longs métrages : Gay (2004), Honeyz (2007) et I Love Dries (2008). Puis, lassé par le politiquement correct, j'ai pensé à The Human Centipede.
Quelles ont été vos influences ?
J'aime les films qui osent transgresser les tabous. Pas seulement de films d'horreur. Je pense évidemment à Salo ou les 120 journées de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1977) mais aussi à une comédie comme Borat, que je trouve brillantissime. Selon moi, au cinéma, rien ne va jamais assez loin. Quand on vous annonce un film scandaleux et que vous vous retrouvez devant un pétard mouillé, vous avez envie d'être remboursé. J'aime la provocation, la controverse et ça me procure une intense satisfaction de savoir que ma présence dérange.

Quel était votre objectif ?
Je voulais me moquer de films comme Saw que je trouve répugnants. Les deux filles s'enferment presque sciemment dans un piège. N'importe qui se serait déjà enfui rien qu'en voyant la tête de Dieter Laser, à qui j'ai d'ailleurs demandé de forcer le trait pour paraître encore plus effroyable. Ce n'est qu'après, une fois que l'opération a eu lieu, que le récit change de ton et devient un cauchemar plus sauvage
Comment avez-vous trouvé l'acteur Dieter Laser, qui joue le chirurgien psychopathe ?
En fait, je l'ai repéré dans un vieux film dans lequel il avait joué. Je n'avais aucun acteur en tête au moment de l'écriture. L'homme est incroyablement brillant et l'acteur tient du génie. Nous avons eu une remarquable alchimie ensemble.

Quel est le film qui a réussi à vous choquer ?
Je dirais Salo, de Pasolini. C'est le seul à l'heure d'aujourd'hui. Un conseil à vos lecteurs : si vous ne l'avez pas, vous ne savez pas la chance que vous avez de le découvrir
Suite à ce qui s'est passé avec la censure de The Human Centipede 2, vous avez eu des supports d'autres réalisateurs ?
Non, et la raison est bien simple : je ne parle pas beaucoup aux autres cinéastes parce que je suis la plupart du temps chez moi , à Amsterdam. Mais je suis sûr qu'ils détestent tous la censure.
Pourriez-vous nous donner vos dix films préférés au monde ?
Salo, de Pasolini. La grande bouffe, de Marco Ferreri. Les Idiots, de Lars Von Trier. Fitzgarraldo, de Werner Herzog. The Aristocrats, de Provenza. Crash, de David Cronenberg. Borat, donc. The Comfort of Strangers, de Paul Schrader. Themroc, de Faraldo. Shining, de Stanley Kubrick. Je pense que je n'ai pas besoin de justifier mes choix, ces films sont tous brillants à leur façon.
Propos recueillis par Alexandre LE FLOCH

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