Par Elodie Leroy - publié le 15 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h46 - 0 commentaire(s)
Réalisé la même année que Ring, soit en 1998, The Spiral (Rasen en VO) de Jôji Iida est la suite directe de l'histoire adaptée par Hideo Nakata mais aussi la seule à reprendre fidèlement le deuxième volume de la trilogie imaginée par l'écrivain Kôji Suzuki. L'échec du film au box-office japonais, inversement proportionnel au succès phénoménal du film de Hideo Nakata, explique seul qu'un Ring 2, inutile en soi, ait pu voir le jour. Longtemps occulté par les œuvres de Nakata, The Spiral est enfin dans les bacs français depuis le 13 juin, sorti dans la collection Asian Star.
Il faudra lire la trilogie de Suzuki jusqu'au dernier chapitre pour savoir quelle est véritablement la nature du virus RING. Nous nous attarderons aujourd'hui sur la prolifération des adaptations filmiques, qu'elles soient japonaises, coréennes ou américaines, à travers un petit guide des longs métrages inspirés par la saga.


RING

RING (1998), de Hideo Nakata
On doit probablement au légendaire film de Nakata les procédés dont usent et abusent la plupart des films d'épouvantes d'aujourd'hui, à commencer par les récurrentes apparitions de petites filles ou de femmes à cheveux longs et en robe blanche. Ring met en scène une journaliste du nom d'Asakawa qui enquête de sa propre initiative sur une mystérieuse cassette vidéo liée à la mort subite et inexpliquée de sa nièce. Si la trame reste assez proche des événements décrits dans le roman, Nakata s'autorise quelques libertés de taille. Outre la féminisation du personnage principal (Asakawa est un homme dans le roman) ayant pour but de servir les thématiques personnelles du metteur en scène, le film bouleverse totalement la nature de l'objet de toutes les terreurs. Non, Sadako n'apparaît pas dans le roman sous les traits d'une petite fille aux cheveux longs et gras. Sadako grandit, Sadako vit et ressent, Sadako s'humanise. Nous ne ferons pas davantage de révélations afin de ménager la surprise des potentiels lecteurs (choc assuré).
Le long métrage de Nakata trahit certes le personnage phare de la saga Ring, mais il s'impose aussi comme la nouvelle référence du film d'horreur, un genre alors dominé par les productions américaines à la sauce Scream. Servi par une narration habile et par le génie de la mise en scène de Hideo Nakata, lequel se refuse à tout recours facile au spectaculaire au profit de la création d'une ambiance insidieusement glaçante, Ring fait revivre le film d'horreur traditionnel à la japonaise, avec sa part de mystère, ses terreurs en provenance du hors champ. Une expérience tétanisante, un grand film. Au Japon, Ring traumatise tellement le public que nombre de foyers n'osent plus éteindre leurs télévisions pendant la nuit. Quant à Sadako (la version Nakata), on la retrouve partout, jusque dans les mangas pour des caméos en tous genre. La petite fille aux cheveux longs est devenue la nouvelle star.


THE SPIRAL

THE SPIRAL (1998), de Jôji Iida
Réalisé la même année que le film de Nakata, The Spiral poursuit la saga en adaptant le second volume du roman, sorti en France sous le titre de Double Hélice. Au contraire de Ring, The Spiral ne travestit que très peu les idées de l'œuvre. En dépit de quelques entorses, elle en respecte même davantage l'esprit en adoptant la forme d'un polar fantastique plutôt que celle d'un film d'horreur. Si l'enquête passionnante menée par Ando dans le roman se voit grandement simplifiée dans le film de Iida – les enjeux génétiques et philosophiques en souffrent, malheureusement –, le cinéaste parvient toutefois à installer efficacement une ambiance étrange et un malaise palpable, sans pour autant oublier de s'attarder sur ses personnages, dont le principal se voit impeccablement interprété par Kôichi Satô. Imparfait mais largement sous-estimé à sa sortie, The Spiral encaisse un flop commercial et reste dans l'ombre de la franchise initiée par Nakata.


THE SPIRAL

RING 2 (1999), de Hideo Nakata
L'échec de The Spiral et le succès retentissant de Ring donnent des idées aux producteurs désireux d'exploiter un filon qui marche. Et peu importe si le résultat n'a plus rien à voir avec le matériau d'origine. Réalisé par Hideo Nakata, Ring 2 se présente donc comme une séquelle grossière qui tente vainement de reproduire les effets phares du premier opus en s'appuyant sur un scénario mal construit dont le final invraisemblable n'a pas fini de provoquer des fous rires. On retiendra toutefois une séquence forte, celle de l'analyse de la vidéo, la seule à créer la surprise et à inspirer un léger sentiment de malaise.

THE RING VIRUS (1999), de Kim Dong-Bin
Inutile de commenter cette tentative coréenne de surfer sur la vague Ring, et cela en dépit de la présence au générique de Shin Eun-Kyung, future interprète de My Wife Is A Gangster. Soyons toutefois indulgent avec ce projet réalisé en 1999, époque à laquelle les films coréens s'essaient tout juste au cinéma fantastique et ne se tournent qu'avec des moyens limités. On préfèrera toutefois mille fois revoir un Gingko Bed ou même un Soul Guardians.


RING 0 : BIRTHDAY, de Norio Tsuruta
Si l'on considère que Ring 2 est la séquelle de Ring, alors on ne pourra que reprocher l'absence totale de cohérence de ce Ring 0 : Birthday avec les deux précédents opus. Toutefois, à l'instar de The Spiral, Ring 0 a le mérite de revenir vers l'esprit du roman se présentant cette fois davantage comme un drame fantastique et non comme un film d'épouvante. Après un début très fidèle à l'histoire d'origine (les mésaventures de Sadako dans la troupe de théâtre), le scénario prend quelques libertés avec la nouvelle mais la mise en scène sobre voire dépouillée fait progressivement son œuvre, jouant sur l'idée d'une catastrophe imminente et inéluctable. Si le dernier tiers s'avère quelque peu bâclé – il est évident que les scénaristes ont été tenus de trouver un lien avec les partis pris de Nakata –, le film s'achève sur un dernier plan déchirant qui vient ajouter une force supplémentaire aux événements précédents. Un film imparfait mais qui possède de réelles qualités, à commencer par l'excellent choix de Yukie Nakama pour incarner Sadako Yamamura.


RING 0

LE CERCLE, de Gore Verbinski
Avec Le Cercle, Gore Verbinski fait partie des initiateurs de l'horripilante mode des remakes américains de films d'horreur asiatiques. Plutôt que de revenir vers le matériau d'origine, en l'occurrence le roman de Suzuki, Verbinski choisit de l'ignorer et de ne s'appuyer que sur le film de Nakata. Pourquoi se fatiguer à effectuer un véritable travail d'adaptation quand celui-ci a déjà été fait par d'autres ? Il suffit d'en faire une copie, ce qui correspond d'ailleurs très bien à la philosophie de Ring, et de transformer Sadako en Samara. Formellement joli à regarder, le métrage de Verbinski manque toutefois de mystère et de finesse dans son approche de l'horreur, et cela malgré le soin évident accordé à la direction de la photographie et la présence de quelques beaux moments. Naomi Watts sauve toutefois les meubles malgré le handicap que constituent manifestement ses partenaires. Au final, sans être une honte, Le Cercle plait à ceux qui ne connaissent pas l'original et déçoit les amateurs du film de Nakata comme ceux du roman de Suzuki. Un bon tremplin pour le futur réalisateur de Pirates des Caraïbes.


LE CERCLE 2

LE CERCLE 2, de Hideo Nakata
Si Le Cercle n'apporte pas grand-chose à la saga, force est d'admettre que Le Cercle 2 ne laisse pas indifférent. Réalisé par Nakata lui-même (sollicité, à l'instar de Takashi Shimizu, pour refaire ses propres films aux USA), ce Cercle 2 se révèle plus bancal que le premier opus américain d'un point de vue narratif mais aussi étrangement plus intéressant. Obsédé par les rapports mère enfants, Nakata délivre un métrage qui semble davantage traiter des peurs liées à la maternité que de la prolifération d'un quelconque virus. Nous ne sommes plus du tout dans l'esprit de l'oeuvre de Suzuki mais l'idée n'en est pas moins passionnante. Le cinéaste exploite habilement les symboles du puits et de l'eau pour servir son propos, des éléments déjà présents dans le roman mais prenant ici une dimension psychanalytique plus évidente. La présence de Naomi Watts constitue un atout indéniable pour le film, la comédienne faisant comme à son habitude preuve d'une aisance incomparable pour faire passer des émotions profondes tout en évoluant dans un univers sombre et dérangeant. Le Cercle 2 ne restera bien évidemment pas dans les annales de l'horreur mais enrichit l'univers Ring d'une vision personnelle et originale.

Retrouvez le test DVD de The Spiral réalisé par Caroline Leroy, mais aussi les critiques, tests DVD et interviews, des autres films de l'univers Ring en cliquant sur les liens ci-dessous :





The Spiral

Déjà dans les bacs





RING
Un film de Hideo Nakata
Avec Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Hiroyuki Sanada
Durée : 1h35

  • La Critique Ciné
  • RING 2 (RINGU 2)
    Un film de Hideo Nakata
    Avec Miki Nakatani, Hitomi Sato, Kyôko Fukada, Nanako Matsushima, Hiroyuki Sanada, Kenjiro Ishimaru
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  • Le Test DVD
  • LE CERCLE - THE RING
    Un film de Gore Verbinski
    Avec Naomi Watts, Martin Henderson, David Dorfman, Brian Cox, Jane Alexander, Lindsay Frost, Amber Tamblyn, Rachael Bella, Daveigh Chase
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  • La Critique Ciné
  • Le Test DVD
  • Le Test DVD Edition Speciale
  • LE CERCLE 2 (RING 2)
    Un film de Hideo Nakata
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    Durée : 1h50

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  • Interview Samara !

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