Dans
Un Jour sans fin, Harold Ramis invite Bill Murray à savourer "le jour de la marmotte" en écoutant tous les matins le même refrain de Cher (I got you babe) et en revivant les mêmes situations. Un classique de la comédie américaine qui fête ses 15 ans en DVD.
L'histoire repose sur un acteur formidable (Bill Murray) mais surtout un ressort comique du meilleur cru : Phil Connors, journaliste à la télévision et responsable de la météo part faire son reportage annuel dans la bourgade de Punxsutawney où l'on fête le "Groundhog Day" : "Jour de la marmotte". Dans l'impossibilité de rentrer chez lui ensuite à Pittsburgh pour cause d'intempéries il se voit forcé de passer une nuit de plus dans cette ville perdue. Réveillé très tôt le lendemain il constate que tout se produit exactement comme la veille et réalise qu'il est condamné à revivre indéfiniment la même journée, celle du 2 février...
Un jour sans fin possède ce ton que l’on aimerait voir à toutes les comédies, ce parfum de sincérité mêlant subtilité et loufoquerie qui font les petites perles du genre. Harold Ramis a su trouver ce ton juste avec une simplicité étonnante qui fait que toujours cette comédie reste sur le fil du rasoir. Divinement servie par un Bill Murray touchant et drôle, cette histoire souvent imitée et jamais égalée a aujourd’hui trouvé sa place au panthéon des comédies et à chaque visionnage le spectacle est intact. On se plaît à redécouvrir sans cesse les pérégrinations de Bill Murray, pris au piège dans un registre qu’il maîtrise à la perfection, habilement secondé par son compère de toujours derrière la caméra. L’un comme l’autre se concentrent sur la sincérité du moment là où il aurait été tellement facile de tomber dans la caricature et l’idiotie, et la mayonnaise monte crescendo, alignant les moments cocasses avec brio faisant de ce
Jour sans fin l’une des comédies phares des années 90. A consommer sans modération aucune !
Mais, ô grand mais,
Un jour sans fin ne serait rien sans Bill Murray, le grand Bill Murray, qui fait partie de la grande distribution de
A bord du Darjeeling Limited, de Wes Anderson (le réalisateur étant l'une des rares personnes à posséder son numéro de portable!). Ce clown triste est né en 1950 à Wilmette dans l’Illinois où il a grandi avec ses trois frères: John Murray, Joël Murray (vu dans
Disjoncté) et Brian Doyle Murray (
Wayne’s World). Harold Ramis, il l'a connu en intégrant la troupe de Second City. John Belushi (Animal House), Rick Moranis (Ghostbusters II) et John Candy (Maman j’ai raté l’avion) faisaient également partie de la bande. Ensemble, ils découvrent les joies du National Lampoon Radio Hour et participent au
Saturday Night Live avec Chevy Chase et Steve Martin à partir de 1975.
En 1979, Ivan Reitman lui donne un rôle dans
Meatballs, un teen-movie sur un camp de vacances. Un an plus tard, il réitère l'expérience dans
Caddyshack avec le même cinéaste. Le sujet? Une comédie sur le golf. La collaboration avec Harold Ramis ne commence qu'en 1981 avec
Stripes. La vraie révélation sera
Ghostbusters où il remplace John Belushi originellement prévu pour incarner le rôle. Un succès incroyable qui a donné lieu à des séries animées pour les besoins du petit écran (
The Real Ghosbusters en 1986 et
Extreme Ghostbusters en 1997) et de nombreux goodies. Progressivement, Murray devient producteur de télé hanté la nuit de noël par trois esprits sous la houlette de Richard Donner (
Scroodged); retrouve la bande du SNL (
Ghostbusters II); réalise le remake de
Hold-up avec Belmondo (
Quick Change); casse le nez de De Niro (
Mad Dog And Glory). Mais tout ça, c'est avant l'une de ses plus grandes réussites:
Un jour sans fin, d'Harold Ramis donc.
Après un passage chez Burton (
Ed-Wood), il connaît une nouvelle carrière comique grâce aux collaborations fructueuses avec les frères Farrelly. Notamment le génial et inédit
Kingpin. C'est aussi pendant cette période que Murray va s'essayer dans un registre plus dramatique, moins trublion. Ce qui peut provoquer quelques discordes comme sur le tournage de
Charlie et ses drôles de Dames où son rôle est inexistant (pas mal d'engueulades avec Lucy Liu). Heureusement, une bonne fée s'est penchée sur son berceau. Son nom? Sofia Coppola. Elle lui donnera le rôle de sa vie avec
Lost in translation, l'un des plus beaux films américains de ces dix dernières années. Dans le silence, Wes Anderson avait déjà commencé ce beau travail avec lui dès
Rushmore. Sa présence est devenue un élément obligatoire dans le cinéma d'Anderson. On ne s'en plaindra pas.