
Au total l’ensemble eût été très sympathique si le commentaire audio avait été sous-titré. Puisque ce n’est pas le cas, et afin de sanctionner cette désinvolture comme elle le mérite, afin aussi de sanctionner l’absence de galerie photos d’exploitations françaises, américaines, et affiches diverses qui aurait dû exister, nous n’accordons qu’un cran au-dessus de la moyenne à ces suppléments.
The Hidden 2 [Hidden 2] (USA 1997) de Seth Pinsker : bien qu’il s’agisse d’un DVD à part entière (1.85 compatible 16/9 couleurs, v.o.s.t.f. 5.1 et v.f 2.0 Dolby Surround, durée : 90’ approx.) qui augmente le prix du coffret, nous le considérons comme un supplément luxueux, que l’historien du cinéma apprécie comme pur document nécessaire à une connaissance exhaustive de l’histoire du film de Scholder mais sans aucun intérêt intrinsèque, hélas. Après vision, nous estimons que la nullité filmique de ce sous-produit réalisé et interprété par des amateurs, ainsi que celle de son scénario ne mérite même pas un test à part. Le début de
The Hidden 2 reprend les 15 dernières minutes du premier film : mais enfin n’est pas Terence Fisher qui veut ! Nous faisons cette allusion parce que Fisher avait repris brillamment en pré-générique de
Dracula Prince of Darkness [Dracula prince des ténèbres] (GB 1965), les dernières minutes de son propre
Dracula / Horror of Dracula [Le cauchemar de Dracula] (GB 1958) mais l’effet produit était nettement supérieur car Fisher avait agrémenté cette reprise d’un magnifique effet plastique tout du long ! Ici le minable réalisateur de
The Hidden 2 croit intelligent de nous montrer, tout en faisant des économies de budget, comment « l’alien » de
The Hidden a échappé à la mort contrairement aux apparences. Et, sans vouloir vous révéler quel moyen il a trouvé, on peut vous assurer que l’idée n’est pas tout à fait originale : les connaisseurs du premier film verront tout de suite ce que je veux dire ! L’idée de Sholder est tout bonnement reprise, mais mal réalisée et ridicule. La suite est d’une médiocrité stupéfiante. Mais enfin les cinéphiles pourront utilement comparer les deux films : il est parfois utile de comparer un chef-d’œuvre à une nullité, on mesure ainsi ce qu’est la réalité du génie de la mise en scène et combien son art est infiniment à la portée de peu de techniciens, en fin de compte. Une séquence vaut le détour tout de même : la minable « rave » dans un entrepôt, comique (involontairement parfois) au plus degré et d’une savoureuse vulgarité.
Format 1.85 compatible 16/9 couleurs. Copie chimique impeccable. Très belle photo de Jacques Haitkin qui enchaîne les morceaux de bravoure dans les styles plastiques les plus variés : réalisme urbain du "film noir", cauchemar du fantastique, scènes de jour comme de nuits sont admirablement filmées. Transfert numérique haut de gamme. Après des années de recadrage en VHS comme en télédiffusion, voici enfin l’édition de référence de ce chef-d’œuvre, le film majeur de Sholder. Il suffit de comparer le master du film à celui de la b.a. originale offerte en supplément pour mesurer le travail accompli sur l’étalonnage, et le reste. Somptueux.

Critique rédigée par Francis Moury