Par Kevin Prin - publié le 19 juin 2006 à 06h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h00 - 0 commentaire(s)
HIDDEN 1 & 2

Sorti courant 2005 en DVD, Hidden fait partie de ces classiques des films fantastiques et d'horreur des années 80 qui malgré leur âge restent des classiques. Tout y concourt : la perfection du scénario de Jim Kouf (alias Bob Hunt au générique), la violence et l’érotisme graphique de sa mise en scène, l’originalité de la musique de Michael Conventrino, la beauté plastique de la photographie de Jacques Haitkin, enfin un casting remarquable et un très bel emploi aussi bien des intérieurs de studio que des extérieurs naturels.


Image : 10/10
Format 1.85 compatible 16/9 couleurs. Copie chimique impeccable. Très belle photo de Jacques Haitkin qui enchaîne les morceaux de bravoure dans les styles plastiques les plus variés : réalisme urbain du "film noir", cauchemar du fantastique, scènes de jour comme de nuits sont admirablement filmées. Transfert numérique haut de gamme. Après des années de recadrage en VHS comme en télédiffusion, voici enfin l’édition de référence de ce chef-d’œuvre, le film majeur de Sholder. Il suffit de comparer le master du film à celui de la b.a. originale offerte en supplément pour mesurer le travail accompli sur l’étalonnage, et le reste. Somptueux.



Son : 9/10
Dolby Digital 5.1 remastérisé pour la v.o. comme pour la v.f. et présence de la v.f. Mono 2.0. d’époque : que demande le peuple ? La remastérisation de la v.o. est impeccable : nous avons vu le film une dizaine de fois à sa sortie en salles et on le connaît assez pour vous l’assurer. Bien sûr, le puriste exigera une v.o. originale mono d’époque mais enfin ici, il n’y a pas trahison, juste remise à niveau respectueux. Aucun défaut technique repéré.


Interactivité : 6/10
Le menu principal en 16/9 est simple et rationnel, surtout riche et intéressant : il est découpé en 4 sections principales : film, langues, chapitres, suppléments. Outre les 16 chapitres titrés on trouve en suppléments :


Bande Annonce originale :
format 1.85 compatible 16/9 couleurs, v.o.s.t.f., durée : 2’ bien montée, en bon état générale mais dont la définition et l’étalonnage sont inférieurs à ceux du master restauré du film. C’est un excellent moyen de comparer le travail accompli.

Commentaire audio de Jack Sholder :
v.o. sans s.t.f., ce qui est particulièrement dommage pour les non-anglophones car il est précis et riche. Si Metropolitan Filmexport agit comme la division française de Warner alors qu’elle est une firme française indépendante, où va-t-on ! ? Un commentaire audio de Jack Sholder, ça se sous-titre lorsqu’on prétend sortir une édition collector zone 2 de son film classique par excellence !


Autour du film :
Format 4/3 et 1.85 compatible 4/3, v.o.s.t.f. durée 25’ à peu près découpé en 4 sections : « Parcours de Jack Sholder », « choix des acteurs », « musique du film » et « Analyse de la poursuite en voiture ». Ici tout est v.o.s.t.f. heureusement. Cela permet de retrouver une partie de la substance du commentaire audio dont certains éléments se retrouvent ici. L’ensemble est d’une grande richesse et d’une grande précision. Tout ce qu’on se demandait depuis près de vingt ans au sujet de la genèse et du tournage de ce film, nous y avons la réponse. Sholder confirme son intelligence à tous points de vue, et sa modestie car il crédite Jim Kouf de ce qui lui revient : le squelette (le scénario) même si sans Sholder, ce squelette n’aurait pas reçu la chair magnifique qui l’enrobe, ni ses articulations filmiques ! On y entend également Michael Nouri. Pas Kyle McLachlan, ce qui est dommage. Et personne d’autre, ce qui est dommage aussi. Enfin cela dit, nous sommes déjà très heureux d’avoir entendu Scholder et Nouri.

Filmographies :
Bien faites et rationnellement établies. Celles des deux acteurs principaux Michael Nouri et Kyle McLachlan, du réalisateur Jack Sholder.


Bandes-annonces de DVD Metropolitan zone 2:
On en trouve deux d’office lorsqu’on lance le DVD avant même d’arriver au menu principal : ce sont celles de Birth (2004) de Jonathan Glazer et The Grudge (USA 2004)de Takashi Shimizu produit par Sam Raimi en 16/9. Puis on en trouve aussi en cliquant sur les icônes du pistolet anti-alien de Kyle McLachlan qu’on aperçoit sur le menu principal. Il donne accès à un sous-menu contenant ce joli et très design « pistolet » futuriste qui permet d’ouvrir la b.a. de Re-animator (USA 1985) de Stuart Gordon qui est dotée d’un grain cinéma sympathique ayant valeur historique (v.o.s.t.f., 16/9, durée 1’16’’). À côté on trouve un pistolet semi-automatique classique qui donne accès pour sa part à celle du coffret Critters paru chez Metropolitan sous la forme de la b.a. du premier Critters (USA 1986) de Stephen Herek (v.o.s.t.f., 16/9, durée : 1’25’’), savoureuse. Enfin si vous cliquez sur la grenade à fragmentations, vous ouvrez la b.a. de L’Armée des morts [Dawn of the Dead] (USA 2004) de Zack Snyder – qui a l’avantage de contenir de nombreux plans de la meilleure partie de ce remake : son ouverture.



Au total l’ensemble eût été très sympathique si le commentaire audio avait été sous-titré. Puisque ce n’est pas le cas, et afin de sanctionner cette désinvolture comme elle le mérite, afin aussi de sanctionner l’absence de galerie photos d’exploitations françaises, américaines, et affiches diverses qui aurait dû exister, nous n’accordons qu’un cran au-dessus de la moyenne à ces suppléments.

The Hidden 2 [Hidden 2] (USA 1997) de Seth Pinsker : bien qu’il s’agisse d’un DVD à part entière (1.85 compatible 16/9 couleurs, v.o.s.t.f. 5.1 et v.f 2.0 Dolby Surround, durée : 90’ approx.) qui augmente le prix du coffret, nous le considérons comme un supplément luxueux, que l’historien du cinéma apprécie comme pur document nécessaire à une connaissance exhaustive de l’histoire du film de Scholder mais sans aucun intérêt intrinsèque, hélas. Après vision, nous estimons que la nullité filmique de ce sous-produit réalisé et interprété par des amateurs, ainsi que celle de son scénario ne mérite même pas un test à part. Le début de The Hidden 2 reprend les 15 dernières minutes du premier film : mais enfin n’est pas Terence Fisher qui veut ! Nous faisons cette allusion parce que Fisher avait repris brillamment en pré-générique de Dracula Prince of Darkness [Dracula prince des ténèbres] (GB 1965), les dernières minutes de son propre Dracula / Horror of Dracula [Le cauchemar de Dracula] (GB 1958) mais l’effet produit était nettement supérieur car Fisher avait agrémenté cette reprise d’un magnifique effet plastique tout du long ! Ici le minable réalisateur de The Hidden 2 croit intelligent de nous montrer, tout en faisant des économies de budget, comment « l’alien » de The Hidden a échappé à la mort contrairement aux apparences. Et, sans vouloir vous révéler quel moyen il a trouvé, on peut vous assurer que l’idée n’est pas tout à fait originale : les connaisseurs du premier film verront tout de suite ce que je veux dire ! L’idée de Sholder est tout bonnement reprise, mais mal réalisée et ridicule. La suite est d’une médiocrité stupéfiante. Mais enfin les cinéphiles pourront utilement comparer les deux films : il est parfois utile de comparer un chef-d’œuvre à une nullité, on mesure ainsi ce qu’est la réalité du génie de la mise en scène et combien son art est infiniment à la portée de peu de techniciens, en fin de compte. Une séquence vaut le détour tout de même : la minable « rave » dans un entrepôt, comique (involontairement parfois) au plus degré et d’une savoureuse vulgarité. Format 1.85 compatible 16/9 couleurs. Copie chimique impeccable. Très belle photo de Jacques Haitkin qui enchaîne les morceaux de bravoure dans les styles plastiques les plus variés : réalisme urbain du "film noir", cauchemar du fantastique, scènes de jour comme de nuits sont admirablement filmées. Transfert numérique haut de gamme. Après des années de recadrage en VHS comme en télédiffusion, voici enfin l’édition de référence de ce chef-d’œuvre, le film majeur de Sholder. Il suffit de comparer le master du film à celui de la b.a. originale offerte en supplément pour mesurer le travail accompli sur l’étalonnage, et le reste. Somptueux.



Critique rédigée par Francis Moury
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