À l'occasion de la sortie en DVD de
15 Ans Et Demi ce mois-ci, le duo infernal formé par François Desagnat et Thomas Sorriaux revient pour nous sur le film et son édition. Après le succès de
La Beuze et Les 11 commandements, ils nous livrent de manière réfléchie et sans langue de bois leur sentiment sur le relatif insuccès du film, ainsi que le rapport qu'entretient la critique en France vis-à-vis des comédies populaires.
Comment vous êtes-vous rencontrés et qu'est-ce qui vous a amenés à la réalisation en binôme ? Thomas Sorriaux : Nous sommes des musiciens à la base. Nous avions chacun un groupe de notre côté et finalement, François est devenu manageur de mon groupe.
François Desagnat : C'était en pleine effervescence de la jeune scène parisienne, un peu funky du milieu des années 90.
Thomas Sorriaux : Et, malgré l'énorme succès qu'on était appelé à avoir dans cet univers musical (
rires…) nous avons choisi de bifurquer dans le domaine du cinéma. Nous étions déjà très potes à cette époque. C'est d'abord François qui voulait passer à la mise en scène, sachant que c'est un fils de…Un frère de…Et du coup, il a commencé à écrire un premier court-métrage pour lequel il m'a sollicité. On l'a coréalisé et très vite, nous avons eu une carrière qui a démarré de manière ahurissante : nous n’avons fait qu'un court métrage avant de passer à la réalisation de notre premier long. Un producteur a lu le scénario de
La Beuze que nous voulions réaliser et il a accroché tout de suite. Voilà comment nous sommes devenus réalisateurs de cinéma.
Comment vous répartissez-vous les tâches ? Y en a-t-il un de vous deux qui se focalise plus sur la mise en scène et l'autre sur la direction d'acteur ?Thomas Sorriaux : Nous avons la particularité de ne jamais nous dispatcher le travail. Nous, tout nous intéresse et notre mode de fonctionnement est un peu différent, parce qu'on arrive facilement à prendre des décisions communes. Nous nous mettons facilement d'accord et du coup, comme nous communiquons beaucoup en amont, nous avons moins de choses à décider le moment venu.
François Desagnat : C'est un joyeux bordel avec beaucoup de communication et ça marche très bien.
Peut-on dire que 15 Ans Et Demi est un hommage aux comédies classiques américaines ? Thomas Sorriaux : C'est un hommage vibrant. C'est une vraie référence aux comédies familiales américaines, mais pas forcément aux grands classiques. C'est plutôt nos classiques à nous qui ne sont pas très connus en France, comme les films de Steve Martin.
François Desagnat : Ou encore John Hughes…
Thomas Sorriaux : j'ai l'impression que c'est un genre qui n'a pas eu encore ses lettres de noblesse en France. Pour preuve, je me souviens d'une critique de
15 Ans Et Demi qui disait en gros : notre film est une merde, en même temps quand on a comme référence les films de Steve Martin ce n’est pas très étonnant, la barre n'est pas très haute.