Le Festival du Film britannique de Dinard qui avait lieu du jeudi 4 octobre au dimanche 7 octobre pour sa 18ème édition avec une sélection de films et de documentaires venus d’outre-Manche a livré son verdict. Outre les six films en compétition, ce sont près d’une vingtaine de longs métrages inédits qui ont été visibles par un public toujours aussi fidèle. Retour sur les temps forts du Festival, du dernier
Ken Loach en avant-première à la rétrospective
Shane Meadows, jeune cinéaste de 34 ans à l’immense talent, en passant par les films en compétition et le palmarès, pour finir sur notre coup de cœur du festival, le magnifique
Once, sur les écrans le 14 novembre prochain.
Un Loach en entrée …En ouverture du Festival et en avant-première nationale avant sa sortie en France le 2 janvier 2008, les chanceux festivaliers ont pu découvrir le prochain film de
Ken Loach,
It’s a free world … Retrouvant sa veine sociale la plus réaliste et radicale, le réalisateur Anglais témoigne de la dérive actuelle du monde du travail à l’échelle mondiale brassant sans concession des thèmes comme l’exploitation humaine, l’individualisme à outrance, l’ouverture des frontières ou l’immigration. A travers cette description des mécanismes économiques et moraux actuels, le réalisateur d’une acuité toujours aussi vive nous met une nouvelle fois en garde, avant qu’il ne soit trop tard, s’il n’est déjà pas trop tard… Récompensé par le Prix du Meilleur Scénario lors de la 64ème Mostra de Venise, le dernier film du réalisateur est aussi l’occasion de voir la remarquable performance de l’actrice Britannique
Kierston Wareing, présente à Dinard et que nous avons rencontrée pour une interview.
Du costaud en plat de résistanceVainqueur du
Hitchcock d’Or en 2004 à Dinard avec l’excellent
Dead man’s shoes, le réalisateur
Shane Meadows est aussi dans la cité balnéaire pour une rétrospective de tous ses films programmée tout au long du Festival. En avant-première avant sa sortie en salle dès mercredi prochain 10 octobre, son très bon dernier film
This is England a obtenu un franc succès auprès du public, un succès qui ne se dément pas de Paris à Rome où le film a déjà glané deux Prix du Jury. Inspiré de sa jeunesse de skinhead,
This is England retrace l’itinéraire d’un jeune adolescent de 12 ans qui trouve un substitut paternel dans un groupe de skins modérés avant que son ancien leader ne sorte de prison et ne le confronte à la branche dure des skinheads faitent de racisme et de violence. A la fois tendre et dur,
This is England ménage comme dans les autres films du réalisateur un humour issu de personnages décalés et une violence sourde et brutale qui jaillit souvent inopinément. Outre la formidable reconstitution des années 80, le film permet aussi de découvrir le jeune
Thomas Turgoose impressionnant de naturel et d’énergie et dans lequel le réalisateur a trouvé un alter ego. Si le film peint avec rigueur le mouvement skin de ses origines reggae à sa radicalisation nationaliste, il prouve aussi toute sa justesse dans la description des dynamiques de groupe et des rapports de force à l’intérieur de ces groupes, menant à la scission entre les skinheads d’origine et sa frange raciste. D’une violence physique et psychologique réaliste dans le style de l’ensemble du film,
This is England n’en demeure pas moins une charge contre la violence et le racisme, que la mise en scène sobre et sans fascination pour cette violence renforce. A cet égard, le traitement de la musique, admirable tout au long du film, et en contrepoint des images lors des scènes les plus violentes témoigne du grand talent du réalisateur.