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A bord du Darjeeling Limited : scan séquence [page 1]

Par Kevin Dutot - publié le 29 septembre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 21 octobre 2009 à 12h01 - 0 commentaire(s)
Les beaux jours reviennent... Tout comme le Scan Séquence qui s’est mis cette semaine aux couleurs du printemps ! A semaine ensoleillée, rubrique lumineuse et pour ne pas perdre votre bonne humeur provoquée par une efficace photosynthèse, nous avons décidé de décortiquer une séquence de l’un des films les plus chaleureux, colorés et dépaysants de ces derniers mois : A bord du Darjeeling Limited ! Le dernier opus de Wes Anderson, parcours initiatique se déroulant au coeur d’une Inde sublimée, est un concentré de cinéma à la fois kitsch et classe, clinquant et discret, imaginaire et authentique... Bref, une vision de cinéaste où plutôt de peintre qui joue continuellement avec une palette de couleurs outrancières mais maîtrise à merveille le cercle chromatique d’Itten. A ces complémentarités d’ordre esthétique, Anderson ajoute une merveilleuse construction de ses cadres, une habileté sans égale dans l’utilisation des ralentis, un montage parfait et une oreille divine, flattant les nôtres. Etude d’une scène d’intro qui nous en met plein les yeux et nous bouleverse en moins de quatre minutes...







Rares sont les films qui osent le zoom dans leur premier plan. Réputé pour être de mauvais goût et uniquement efficace dans les mains des plus grands cinéastes, Wes Anderson, sans se méfier, l’utilise sans sourciller et nous fait ainsi pénétrer au coeur de son film de façon très claire. C’est ainsi que nous apercevons de loin, dans les petites rues d’une ville indienne, une minuscule voiture lancée à toute vitesse et perçant le cadre de haut en bas avec une fureur impressionnante. Les cordes de la bande originale utilisée à cet instant viennent renforcer un sentiment de tension et le plan fait immédiatement référence aux polars des années 1970 où les courses de voitures étaient filmées de loin pour tenter d’en cerner toute la démesure. A première vue, malgré la pellicule maculée de soleil, nous sommes dans un film particulièrement nerveux... un danger imminent semble nous arriver en pleine face. Puis, caméra embarquée ! Wes Anderson nous montre d’abord l’extérieur de la voiture et nous comprenons grâce au compteur qu’il s’agit d’un taxi... Utilisant immédiatement l’un de ses fameux « plans balayage » où la caméra virevolte sur un axe horizontal à 90° en moins d’une seconde, nous nous retrouvons alors à la place du mort, à côté du chauffeur de taxi coiffé d’un turban. Puis, à l’aide d’un cut, nous nous retrouvons face au passager arrière, interprété par Bill Murray, littéralement accroché à la banquette avant et renforçant l’effet de vitesse et de danger... Anderson laisse même penser qu’il s’agit bien d’une course poursuite en lançant un klaxon furtif et demandant à Murray de regarder derrière lui. La musique est désormais typiquement indienne et les sons de la sitare s’intensifient au gré de cette course folle.







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