Comédien remarqué dans les comédies de Kevin Smith, Ben Affleck et son sourire de vainqueur sont devenus une valeur sûre après le triomphe de
Will Hunting, qui lui a valu, à lui et son vieil ami Matt Damon, un oscar pour le meilleur scénario. C’est cette légitimité gagnée très tôt, associée au carton planétaire d’
Armageddon, dans lequel il se voyait héritier spirituel de Bruce Willis, qui a mis l’acteur en orbite, pour le meilleur... et pour le pire, souvent. Une carrière en dents de scie, qui à l’aune de deux récentes réussites (
Hollywoodland et
Gone baby gone, sa première réalisation), méritait bien un classe/pas classe.
WILL HUNTING CLASSE
Les meilleures histoires de cinéma sont souvent celles qui reflètent la réalité, et dans le genre,
Will Hunting a tout d’un petit manuel pour un
wannabe star : ce scénario sur deux potes de Boston, dont l’un est un génie des maths, est un projet que deux potes, de Boston, cela va sans dire, ont tenu à bout de bras durant des années, conscients de leur talent et du potentiel de leur sujet. Matt Damon et Ben Affleck, s’ils étaient déjà acteurs à l’époque du film de Gus Van Sant, n’avaient pour eux que leur bagout et l’amitié d’Harvey Weinstein. Cela, et l’ajout d’une star
bankable (Robin Williams) en tête d’affiche, a suffi. Si Matt Damon, dans le rôle-titre, en a logiquement plus profité, Ben Affleck, forcément en retrait devant l’écran, est sans doute celui qui a le plus capitalisé sur ce succès surprise. Désormais, le salaire de l’acteur va se chiffrer en millions, et son parcours va drastiquement s’éloigner de celui de Matt Damon, artistiquement parlant. De fait, c’est exactement de cela que cause
Will Hunting. Belle histoire.
ARMAGEDDON MOYENNEMENT CLASSE
Difficile de mettre en marche son esprit critique devant un spectacle comme
Armageddon. Etrangement, le film provoque des réactions assez contradictoires, certains vantant son second degré poussé jusque dans ses retranchements, transformant une aventure épique en joyeux bordel déconnant. Les autres dénigrent le montage foutraque, la montagne d’incohérences qui peuple un script pourtant pas compliqué, et la condescendance yankee à l’oeuvre dans toutes les séquences de destruction planétaire (notamment celle de Paris). Peut-on tenir rigueur de ces défauts à ce show estival ? Ou transformer ces mêmes défauts en qualités, pour peu qu’on aime les vannes de Bruce Willis ou le cabotinage éhonté de Steve Buscemi ? Quelque part, Michael Bay, c’est un peu comme les productions Troma : quelque soit le film, il y en aura toujours pour crier au génie, et d’autres au scandale. En ce qui concerne Ben Affleck... hé bien, disons que c’est sans doute avec
Armageddon qu’il gagnera le surnom, tenace, d’« endive ». Preuve que l’acteur provoque, lui aussi, des réactions contradictoires (qui varient généralement selon qu’on soit un homme ou une femme...).