Il y a près de 80 ans, un certain Walt Disney se lançait dans l’un des plus grands projets jamais entrepris dans l’histoire du cinéma… réaliser un long-métrage d’animation à Hollywood.
Blanche Neige et les sept nains, adapté du conte des frères Grimm, fut en effet à Noël 1937, une véritable révolution tant sur le plan technique que narratif et transcendait le simple statut d’œuvre de divertissement que l’on attribuait à l’animation. En un seul film, le dessin animé devint un genre à part entière à Hollywood, un genre respecté, aimé autant du public que des critiques… en un seul film, le cinéma d’animation devint enfin un art. Contrairement à ce que l’on a pu lire ou entendre,
Blanche Neige ne fut pas le tout premier long-métrage d’animation. Le cinéaste argentin Quirino Cristiani réalisa en 1917 et 1918
El apostol et
Sin Dejar rastros, deux films animés en papier découpé tandis que l’on doit
Les aventures du Prince Achmed (1926), fait de silhouettes animées, à la réalisatrice allemande Lotte Reiniger. Cependant, l’œuvre de Walt Disney est aujourd’hui considérée comme décisive dans l’histoire du cinéma et ce chef d’œuvre, révolutionnaire par son aspect éminemment novateur et ambitieux, sort aujourd’hui en DVD et Blu-Ray, dans une toute nouvelle édition… A l’occasion de cette parution, nous vous proposons de replonger au cœur de la fabrication du film. De ses ébauches à la première mondiale.
Il était une fois…Depuis près d’une dizaine d’années, la côte de popularité de Walt Disney ne cesse de croître et en 1934, alors que ses courts-métrages et son personnage de Mickey rencontrent un succès phénoménal à chaque projection, le chef du studio d’animation le plus productif d’Hollywood entreprend un projet d’une envergure spectaculaire : réaliser un long-métrage. La motivation est avant tout d’ordre pratique… En effet, Disney comprend que pour donner de l’amplitude à ses studios et espérer un jour les voir grandir, il lui faut revoir ses ambitions. Ses courts-métrages ne lui rapportant pas assez d’argent pour prétendre à une extension de son empire (ils sont projetés uniquement en avant-programme de longs), il recherche également un format lui permettant d’élaborer des scénarios plus complexes, faisant concurrence directe aux films en prises de vues réelles. Cette année-là, les rumeurs d’un long-métrage d’animation font jaser critiques et spécialistes qui trouvent l’idée absurde et vouée à l’échec. On titre la « folly » de Disney dans les journaux et les commentaires vont bon train sur l’impossibilité pour un spectateur de regarder durant plus d’une heure des pitreries en couleur… Personne ne croit au projet et durant toute la période de production,
Blanche Neige n’est qu’une chimère pour le tout Hollywood. Cependant, Disney est persuadé de tenir là un concept unique. Il ne rêve pas de pitreries mais plutôt d’une « grande symphonie filmée », un véritable conte de fées animé auquel on ajouterait le réalisme impossible à atteindre par de véritables comédiens…