jp33 poursuit son cycle Shyamalan sur son blog, avec ce coup-ci un retour sur le dernier long-métrage du cinéaste,
Phénomènes. Comme d'habitude jp33 nous livre une analyse détaillée et passionnée, un vrai bonheur pour les fans du réalisateur du
Sixième sens.
Pour rappel, chacun est libre de créer son blog pour s'exprimer, avec une mise en avant spécifique des tests DVD, news, critiques cinéma, etc. Vous pouvez les illustrer à votre convenance, rajouter des liens, et réagir sur les blogs des autres.
LET’S HEAR SOME THEORIES WHY THIS MIGHT HAPPENING… Dernier long métrage en date de M. Night Shyamalan,
Phénomènes arrive dans sa filmographie comme une respiration ou plutôt un changement de cap. Après la flamboyance de deux œuvres au lyrisme qui en agaça plus d’un (
Le Village et
La jeune fille de l'eau), son dernier métrage se dirige vers un genre plus simple en apparence : la série B. Revendiqué comme tel par Shyamalan, avec pour référence
les Oiseaux d’Hitchcock (1963) pour le divertissement à suspense mais aussi à
Body Snatchers (1956) et La nuit des morts vivants (1968) pour l’aspect série B dénonciatrice des dérives politiques, le film m’avait quelque peu déçu lors de sa sortie il y a quelques mois. Je dis quelque peu car tout est relatif, le bonhomme nous avait habitués à tellement d’audace et d’inventivité narrative, que le fait de vouloir faire une série b, marquait, à mon goût, un net recul. Mais on peut comprendre aisément qu’avec l’échec de son merveilleux conte
La jeune fille de l'eau, le cinéaste ait voulu se plonger dans un film de genre purement et simplement. Pour palier à la critique de plus en plus féroce avec lui, aux spectateurs de plus en plus absents, Shyamalan se réinvente quelque peu. Passant d’une durée habituelle d’1h45 à 1h30 pile poil (8 minutes de générique début/fin inclus), il démontre une volonté d’aller à l’essentiel, de resserrer son suspense et ainsi laisser tomber quelque peu ce qui fait le sel de son cinéma.

Passé le beau générique avec des nuages et des variations climatiques sur une composition, toujours impeccable de James Newton Howard, on entre dans le vif du sujet. Manhattan, Central Park. Les gens s’arrêtent de marcher. Ils reculent et se suicident les uns après les autres. Des hommes tombent des toits d’immeubles en construction comme des mouches. La terreur commence à se répandre. Puis on enchaîne sur Elliott Moore (Mark Whalberg), prof de sciences naturelles qui explique à ses élèves un mystère non résolu. Des abeilles disparaîtraient par centaines. Un élève dit judicieusement que certains phénomènes n’ont pas d’explications rationnelles. Puis l’école est évacuée. Elliott, sa femme Alma (Zooey Deschanel), son meilleur ami et la fille de ce dernier partent en train pour fuir la ville.