FreddyK décidait pour fêter dignement Halloween de nous faire partager sa passion zombiesque et zèdesque sur son blog, avec ce mini dossier intitulé modestement : "Du gros Z ..... comme Zombies".
Pour rappel, chacun est libre de créer son blog pour s'exprimer, avec une mise en avant spécifique des tests DVD, news, critiques cinéma, etc. Vous pouvez les illustrer à votre convenance, rajouter des liens, et réagir sur les blogs des autres.

Cette semaine grande promotion sur la viande froide... En cette semaine de Toussaint et d'Halloween je vais tenter de réconcilier les adeptes de la fête religieuse célébrant la mémoire de nos chers disparus avec ceux qui préfèrent le fun de cette célébration païenne du grand capital à base de masques et de citrouilles. Pour faire plaisir aux fleuristes comme aux marchands de confiseries, je le dis bien haut célébrons les morts surtout quand ils sont encore bien vivants !! Voici donc une petite sélection de films de zomblards sortis plus ou moins récemment en DVD. L'occasion de constater que la mode du mort vivant est bien vivace et que du coup les éditeurs nous sortent un petit peu de tout et surtout n'importe quoi, C'est sans doute le propre des films de zombies anthropophages de proposer à boire et à manger.
On va commencer par
La cité des zombies (
Gangs of the dead), un pitoyable téléfilm de Duanne Stinnett dont on se demande encore comment il a pu arriver en DVD jusqu'ici. Pourtant le point de départ de l'histoire était assez réjouissant en proposant un film dans lequel des gangs rivaux devaient s'allier et faire équipe avec des flics afin de combattre des clochards devenus zombies ( au passage c'est un pitch qui ressemble au futur film de Yannick Dahan
La horde). On pouvait donc espérer un mélange improbable type Les guerriers de la nuit des morts vivants... En fait les gangs se limitent ici à deux bandes de cinq pèlerins associés à deux pauvres flics qui se retrouvent tous coincés dans un hangar pendant tout le temps du métrage. Format téléfilm grand public oblige, le film n'est jamais gore à part deux ou trois effets spéciaux numériques lamentablement foireux et il est aussi radicale qu'un épisode de
Julie Lescaut.
La cité des zombies est surtout un monument de platitude de par sa mise en image poussive, ses dialogues sans intérêts, son manque de tension et son incapacité à transcender son idée de départ. Aucun des aspects a priori réjouissant du film n'est jamais exploité, aucune dimension sociale malgré ses clochards qui attaquent les classes moyennes pour bouffer, aucune dimension urbaine avec ses gangs qui s'approprient pourtant des territoires, aucune tension, aucun frisson... Rien, le calme plat d'un produit lisse et sans imagination tirant la forme la plus subversive du cinéma vers le conformisme le plus consensuel d'un téléfilm pour ménagères de moins de 50 ans.

On poursuit dans la morne platitude avec le bien mal nommé La nuit des morts vivants 3D de Jeff Broadstreet, Un film dont le seul et unique intérêt réside dans l'utilisation amusante mais anecdotique de la 3D. L'occasion pour les vieux nostalgiques comme moi de rechausser ses magnifiques lunettes bleu et rouge comme à l'époque de la regretté dernière séance lorsque Monsieur Eddy nous proposait l'étrange créature du lac noir en relief. Dans La nuit des morts vivants 3D l'effet de relief est plutôt réussi à condition toutefois de supporter pendant 80 minutes des lunettes à vous foutre un mal de crâne carabiné. Le problème c'est surtout que le relief n'est jamais vraiment exploité pour créer une ambiance, foutre la trouille ou imaginer des effets gores délirants ils est juste là comme un vague gadget. La plupart du temps Jeff Broadstreet se contente de composer ses plans avec différents niveaux ; un objet au premier plan, un personnage au second, un troisième derrière et un autre objet au fond du champ afin de créer une illusion de profondeur. C'est souvent réussis me cela n'apporte strictement rien au récit et à l'ambiance du film. Le plus énervant encore c'est le nombre de plan et de scènes sans relief particulier (dans les deux sens du mot) qui font qu'à l'image les couleurs se fondent de façon dégueulasse à cause des lunettes comme par exemple sur la bouche des acteurs qui se retrouvent avec des levres bleus comme si ils avaient sucer tout le village des Schtroumpfs. Le temps de deux ou trois plans le réalisateur montre même comme un aveu bien involontaire à quel point il n'utilise cette troisième dimension que comme un artifice qui tourne à vide. Quand on réalise un film de zomblards en relief et qu'on ne trouve rien de mieux à filmer qu'un blaireau qui tends son joint vers la caméra ou qui s'amuse à faire des rond de fumées avec c'est à l'évidence le signe qu'on est pas tout à fait l'homme de la situation, Si on retire l'aspect film en relief il ne reste plus grand chose à sauver ce second remake foireux du chef d'œuvre de
George A. Romero. Les comédiens sont tous assez lamentablement mauvais et seul Said Haig, dont on se demande ce qu'il fout là, tire son épingle du jeu sans trop forcer son talent, Le film n'est jamais flippant ou gore et les zombies semblent presque tous porter des masques d'Halloween , on est en tout cas très loin des magnifiques zombies du remake de Tom Savini, La nuit des morts vivants 3D méritait sans doute bien mieux qu'un traitement aussi poussif désinvolte, Le relief par exemple aurait sans doute était beaucoup plus bluffant en noir et blanc, le film méritait en tout cas une utilisation de la 3D entièrement au service de son histoire et pas uniquement comme argument marketing. Il reste un plan de zombies s'avançant lentement dans la brume vers une maison avec une illusion magnifique de relief mais ce sera tout ce qu'il reste à sauver de ce pur produit sans saveurs et sans âme. La vraie dimension à défendre c'est celle qui transforme par le fond les petits films d'horreurs en de grandes fables sociales et politiques.