Aujourd’hui sort en DVD un tout petit film de rien du tout, œuvre bancale à la réputation relativement sulfureuse mais qui débarque malgré tout chez nous dans l’indifférence la plus totale près de deux ans après sa sortie mondiale. Même à la rédaction, ce
Broken n’a pas connu la reconnaissance qui lui est pourtant due dans une certaine mesure puisqu’il faut reconnaître que le métrage dans son ensemble n’est pas à la hauteur de nos espérances. En effet, le film souffre d’erreurs assez conséquentes qui rendront son visionnage assez difficile tant ses défauts prendront fatalement le dessus sur sa principale qualité que peu de films œuvrant dans la même catégorie ont réussi à obtenir. Retour sur une œuvre dont la principale caractéristique est d’être peut-être un peu trop ambitieuse pour les capacités encore trop jeunes de ses auteurs.
Il n’est pas difficile de deviner pourquoi
Broken connaît une popularité relativement médiocre : tout d’abord, si on s’attache uniquement au film sans essayer de creuser un peu derrière, on ne pourra que constater que l’ensemble souffre énormément de son aspect hermétique dû à sa froideur incroyable entre autre. En effet, si on occulte totalement le fond que tentent de transmettre les deux scénaristes/réalisateurs, Adam Mason et Simon Boyes, on ne pourra que reconnaître qu’il ne s’agit que d’une succession de scènes de tortures ou d’humiliations dont certaines tombent dans la gratuité la plus crapuleuse et d’autres dans le ridicule incroyable. Il faut admettre aussi que si le film ne se contentait que d’offrir une compilation sadique, il conviendrait tout à fait à quelques amateurs de cinéma plus hardcore ou même à un public peut-être un peu plus superficiel et ne cherchant qu’à découvrir de nouvelles images repoussant un peu plus les limites du soutenable en acceptant d’assister au carnage dans une démarche attractive et jouissive lancée par les
Saw et autres
Hostel…
Du reste,
Broken tend parfois vers ces modèles, les deux réalisateurs conscients que la survie de leur projet tient essentiellement dans le fait de s’affilier à un modèle commercial. Cependant, et ce malgré un sadisme à tout épreuve, l’ensemble du métrage va se présenter comme long et, osons le, incroyablement rébarbatif malgré le calvaire que va endurer la jeune maman, baptisée subtilement Hope, dont les rebondissements sont parfois à la limite de l’artistiquement concevable puisque extraordinairement vains, transformant ce qui se devait d’être un spectacle viscéral et insoutenable en une longue attente frustrante et inachevée… Ainsi, et ce malgré des effets gores plus que réussis et une réelle dextérité dans le choix des quelques supplices -le coup de la lame de rasoir cachée dans le ventre comme seule et unique alternative pour se détacher, par exemple est un grand moment- prouvant l’agilité des maquilleurs Nathan McLaughlin et Tristan Versluis qui pourraient, quoique certains disent, faire partie de l’avenir du cinéma d’horreur, le métrage ne parviendra jamais à se rendre passionnant. Bien au contraire, l’absence évidente de moyens pour financer la bête finira par se montrer tel un véritable obstacle alors même que l’on aurait pu penser que ce manque catalyserait une certaine émulation créative.