Par F. Poncet, JBG - publié le 04 juin 2008 à 14h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h16 - 0 commentaire(s)
LINGER / HU DIE FEI (2008) PAS CLASSE
Ecrit par Ivy Ho
Musique de Dave Klotz et Guy Zerafa
Interprété par Vic Chow, Maggie Shiu, Suet Lam, Bingbing Li, Roy Cheung…
Produit par Cheung Hong Tat, Siu Ming Tsui et Johnnie To


Film destiné à permettre à To de financer ses oeuvres plus exigeantes et dispendieuses, Linger est l'archétype même des métrages mineurs qui composent une partie non négligeable de la filmographie du cinéaste. Reposant sur une bluette qui abuse de ses effets et d'une volonté de tout expliquer, Linger impose les codes du fantastique au sein de la romance. Pour mieux reprendre une thématique abordée avec Mad detective certes mais surtout pour coller à la veine profitable en Asie de ces comédies où sourd le surnaturel. De fait, malgré une incarnation acceptable et des effets de mise en scène qui rappellent la maestria du maître, la déception pointe à l'évocation de ce film. Parce qu'il aurait pu faire l'économie de son mélange des genres, parce qu'il aurait pu aller plus loin dans son exploration d'une invraisemblance narrative qui pourtant est porteuse : clore la vie de celui que l'on a aimé et tué par accident afin qu'il trouve un repos enfin éternel. Par conséquent hautement déceptif et assez ennuyeux, Linger ne profite pas de son symbolique papillon qui fait figure d'âme en peine.


La classe est-elle une question de style ou d’élégance ? Johnnie To prouve que non, la virtuosité n’est certes pas un point essentiel pour la classe. A trop de virtuosité élégante, aux dépens du cinéma, le fétiche d’une action « cool » prédomine la force des émotions et des idées. La classe est donc une vertu qui fluctue en fonction des films chez Johnnie To. Espérons que la poésie tant annoncée de Sparrow saura prouver que To n’est pas que ce cinéaste macho, idolâtre des péripéties troubles et délayées.
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