Le récent
Rocky Balboa prendra bientôt place dans les bacs en DVD (le 25 juillet). Si les avis, notamment au sein de la rédaction, sont plus que partagés sur le dernier volet des aventures de ce héros mythique, il n'empêche que son créateur et interprète, Sylvester Stallone, impose le respect par une carrière qui ne saurait se résumer à Rocky et Rambo. il était temps de passer l'étalon italien au révélateur de notre classe/pas classe, basé sur une filmographie sélective (donc loin d'être exhaustive, ce qui nous laisse la possibilité d'une suite, héhé).
RAMBO 2 ET 3 : UN PEU CLASSE
Sylvester Stallone croule sous une filmographie sonnant comme une hécatombe dans l'univers des criminels de tout poils. On se retourne néanmoins vers l'univers de John Rambo qui, s'il signe le portrait d'un esprit torturé dans le premier épisode, nous offre un joli doublon d'une jouissive barbarie dans ses deux suites qu'on ne peut pas vraiment dissocier. Dans le second film, Rambo s'infiltre au Viêt-Nam pour secourir des frères de combats et dessoude à lui seul, avec sa bite et son couteau, une armée entière. Spécialisé dans les plongeons esquivant des explosions tous azimuts, Rambo en profitera pour se fondre dans la boue pour égorger, claquer quelques vertèbres et même exploser avec ses flèches à obus un malheureux soldat ennemi tristement exhibé dans un décor de rêve. On appréciera également le final où notre héros cumulera les allers et retours avec son hélico pour faire le chauffeur des prisonniers. Dans le troisième, où sa mission consiste à libérer son propre mentor coincé en Afghanistan que les Russes colonisent, c'est encore plus balaise. Un peu mou en matière d'action durant une bonne partie, Rambo s'est depuis spécialisé dans le mano à mano concluant le film dans un combat purement hallucinant contre un géant encore plus dopé aux anabolisants que lui. Des kicks en veux-tu en voilà qui finissent par envoyer l'adversaire au fond d'une grotte avec un nœud coulant autour du cou et une ceinture d'explosif transformant le salopard en steak haché. Du lourd…
AM
ROCKY : TRES CLASSE
Parce qu'il en a été le principal instigateur, en signant lui-même le scénario en quelques jours,
Rocky est probablement le film de toute la vie de Sylvester Stallone. Ses brusques retours plus ou moins heureux sur la série tout au long de sa carrière en sont un touchant témoignage, malgré une qualité artistique flirtant le plus souvent avec le médiocre. Bien loin de l'image de brute épaisse confectionnée par producteurs et spectateurs au fil des années, le comédien imposait ici un rappel à l'ordre précurseur sur ceux qui ne sauraient le cataloguer que dans le registre des gueules cassées et musclées bandées, uniquement capable de rugir. Parce qu'il n'était justement pas encore une star, et parce que les enjeux financiers importaient alors peu, Stallone l'artiste prouve avec ce premier vrai essai la volonté de mener à bout de bras une histoire fondée sur les plus beaux clichés du rêve américain sans jamais s'y empêtrer, et entraîne dans sa course folle vers le sommet. C'est un peu ça l'histoire de Rocky Balboa. Celle d'un petit homme passant outre l'humiliation publique pour avoir la joie ne serait-ce que d’effleurer le rêve social dans ses opportunités comme dans ses limites. Atteindre ses propres objectifs, aussi modestes soient-ils… Il traînera effectivement toujours un parfum d'autobiographie dans l'air jouant une fois encore en la faveur de l'excellent comédien qu'est Sylvester Stallone. N'en déplaise aux esprits chagrins…
AM