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Control : Ian Curtis dans tous ses états [page 3]

Par - publié le 07 mai 2008 à 05h05 ,
MAJ le 23 février 2010 à 18h15 - 0 commentaire(s)



En plein divorce, Ian incite Deborah à passer la nuit chez ses parents. Regarde La Ballade de Bruno (Stroszek), de Werner Herzog. Ecoute en boucle l'album The idiot d'Iggy Pop pendant toute la nuit. Ecrit une lettre pour Deborah et se pend dans sa cuisine. Mine nihiliste, Sam Riley rend compte des ambiguïtés qui assaillent Curtis sans mimétisme. Le style du cinéaste, doucereux et placide, proche de ses clips façonnés comme des photos sublimes mais statiques, devrait surprendre ceux qui s’attendent à une hagiographie bordélique (pour ne pas dire académique). Or, sous son apparence inoffensive, Corbijn signe un étrange précipité mélancolique où la vie d’une vraie star est totalement dédramatisée, en s’attachant à des faits sans chercher à les amplifier. Cet événement tragique marque au passage la fin du vrai mouvement «punk» dont beaucoup aujourd’hui revendiquent un héritage aseptisé. Un peu comme ceux qui se prétendent d’un mouvement ancien en citant des maîtres du genre pour privilégier une imagerie superficielle à défaut d’en comprendre les revendications.

LA PETITE BOUTIQUE MUSICALE D’ANTON CORBIJN
Avant d’être le réalisateur de Control, le Hollandais Anton Corbijn a travaillé comme photographe pour des magazines musicaux tels que l’anglais MME (News Musical Express) où des générations de groupes comme Joy Division, U2, Depeche Mode et Nine Inch Nails sont passées devant son objectif. Le groupe avec lequel il restera en relation le plus longtemps demeure les indispensables Depeche Mode. Petit topo ci-dessous

Après avoir signé quelques clips pour Echo & the Bunnymen (The Game; Dancing Horses) ou U2 (Achtung Baby), il réalise la merveille qui le fera connaître au grand public : le clip de A question of Time, de Depeche Mode, qui repose sur une alternance d’extraits de concert et de prises de vue en super-8. Au départ, cette collaboration ne coule pas de source. Anton fait des séances photos avec eux au début des années 80 et les trouve terriblement immatures. Ce n’est qu’en 86 qu’il accepte de revoir son jugement. Il a bien fait. C’est avec le clip de Enjoy the Silence qu’il se fera remarquer en tournant pour la première fois en couleur (cela lui vaudra le MTV Award du meilleur clip de l’année 90). C’est sa meilleure collaboration artistique avec le groupe. Il réalisera pour eux quelques pochettes d’album (dont Violator et ULTRA) et d’autres clips de morceaux excellents comme Barrel of A gun et Behind the Wheel. Alors, question pour Anton : à quand une petite bio sur Depeche Mode ?


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