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Cortex Successeur Logique De Shock Corridor [page 3]

Par Florent Kretz - publié le 21 août 2008 à 04h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h33 - 0 commentaire(s)
Si le film de Fuller fait la part belle à la métaphore sociale, l’autre grande référence qu’est Vol au dessus d’un Nid de Coucou, elle, se place directement dans la parabole humanitaire, dénonçant ainsi l’horreur d’un système oppresseur qui tente de supprimer toute vague et tout élan personnel. Si Forman semble totalement s’emparer du livre de Ken Kesey pour s’en éloigner, se le réapproprier et se lancer dans la symbolique virulente, c’est sans doute à cause de sa propre expérience : ayant fui la Tchécoslovaquie quelques six années auparavant, il offre aux aventures démentes du personnage joué par un Jack Nicholson halluciné et hallucinant un sens grave, corrosif et même violent. L’asile dans lequel sévit l’infirmière Ratched apparaît bientôt comme un système réducteur et dans lequel les personnalités doivent être écrasées… La situation de cet homme qui se fait enfermer pour être libre par la suite devient alors l’analogie d’un Forman se replongeant dans un système totalitaire pour mieux le dénoncer. Tourné dans le véritable hôpital de Salem, Vol au dessus d’un nid de Coucou met alors de côté la démence des malades, évitant de les assimiler à des désaxés mais au contraire leur offrant la possibilité de se considérer comme des être humains à part entière et pas seulement comme des inadaptés. Une manière d’inverser les valeurs et de proposer une autre vision des choses, et l’utopie d’un monde dans lequel chacun est libre de vivre et d’appréhender les événements à sa guise. Encore une fois, cet élan libertaire et contestataire se clôturera par un choc viscéral et moral, sans doute pour mieux emmener le spectateur dans sa quête. Cependant, là où Fuller n’hésitait pas à s’imprégner totalement dans les visions fantastiques de ses déments -en signant quelques séquences symboliquement en couleur pour contraster avec le noir et blanc fade de la réalité-, le film de Forman se contentera, après avoir réhabilité ceux qui sont si souvent dénigrés, de stopper sa vision à celle de McMurphy, seul être qui nous aura dévoilés son humanité et la vérité, celle-ci semblant se stopper avec la perte définitive de ses moyens.



Si tant d’autres œuvres ont elles aussi tenté leur chance avec la perte de l’esprit comme The Wall en 82 ou encore Birdy en 84 -Parker ayant basé une partie de sa filmographie sur cette thématique-, Repulsion en 65 par Polanski -celui-ci ayant aussi officié sur le sujet- et tant d’autres encore, Boukrhrief va se pencher sur une nouvelle forme, beaucoup plus proche du documentaire Visiblement je vous aime de Jean-Michel Carré (1995) que des délires fantastiques de beaucoup. Ainsi, Cortex se présente en suite logique des évènements marquants qu’auront été Shock Corridor et le film de Forman pour la simple raison qu’il se réapproprie, sans pour autant le signifier ou l’appuyer, les idées de ses prédécesseurs. Si Cortex part de cette idée d’internement comme base narrative pour enrichir son intrigue et surtout pour offrir une vraie proposition différente et enrichissante. Il n’oublie pas pour autant les messages véhiculés par ses deux ancêtres qui marquèrent par leurs fonds mais aussi par la puissance de leurs messages, de leurs significations mais surtout de leur avant-garde. Ainsi, Cortex, sous couvert d’une maladie frappant son héros, prend le parti de toute situation dramatique réaliste et propre à Alzheimer et s’en sert pour constater le drame que cela représente pour la personne en souffrant mais aussi pour dévoiler, timidement, le peu d’évolution dans les traitements moraux depuis les électrochocs des aînés. Finalement, il semble évident que le système ne fonctionne toujours pas si bien que cela et connaît quelques lacunes puisque réclamant, assez logiquement, du cas par cas. Cependant, Cortex, par son ton et sa nature plus abordable, se permet quelques notes d’espoir, preuve qu’une évolution est belle et bien en marche.




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