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Coup De Coeur Dvd : Battlefield Baseball [page 3]

Par EL - publié le 24 décembre 2007 à 01h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h33 - 0 commentaire(s)
L'action pure tient une place secondaire dans le film mais réserve quelques purs moments de folie, à commencer par une séquence qui parodie ouvertement les films d'action de Hong Kong. Certes, les modalités des duels peuvent parfois se révéler quelque peu inattendues, comme on le constate dès l'affrontement entre Jubeh et Bancho qui consiste pour le premier à s'élancer à toute allure sur le second en évitant de recevoir un coup de batte. Précisons d'ailleurs que, mise à part dans la séquence d'ouverture, il est inutile de chercher du baseball dans Battlefield Baseball. Les joueurs confondent volontiers leurs battes avec des sabres et la seule et unique règle qui prévaut est la suivante : tous les coups sont permis. Les matchs contre l'équipe du lycée Gedo poussent le bouchon très loin en transformant le terrain de baseball en véritable champ de bataille, les zombies n'hésitant pas à poser des bombes, à user de superpouvoirs, à sortir de mitrailleuses ou à empaler leurs adversaires. Au sein de ce combat sans merci servi par des effets spéciaux des plus kitsch – là encore pleinement assumés puisque le héros se fait lui-même piéger par un faux cadavre –, Yûdai Yamaguchi n'oublie pas d'intégrer quelques retrouvailles familiales en pleurs ou encore des discours vantant les vertus de l'esprit d'équipe et bien sûr de l'amitié (on pense aux séries animées de sport mais aussi de combat telles que Saint Seiya). Mention spéciale à la larme du héros qui change la face du monde, un coup de théâtre typique de la japanim' qui remonte au moins à l'époque de Nuclea 3000.


Passant le plus clair de son temps les mains dans les poches et les cheveux dans les yeux, ce qui vaut à son personnage l'appellation de "délinquant capillaire" dans la version française, Tak Sakaguchi (Versus) reproduit à la perfection la dégaine et la manière de parler du bad boy typique de shônen manga, ce personnage récurrent de rebelle ténébreux au grand cœur qui porte bien entendu le fardeau d'un passé douloureux – la révélation de son histoire personnelle donne à ce titre lieu à une scène musicale absolument hilarante. D'autres têtes paraîtront familières aux habitués de l'univers de Kitamura : on reconnaîtra notamment Hideo Sakaki (Alive) derrière ses bandages, Minoru Matsumoto (l'homme-singe de Azumi) en cancre frimeur, ou encore Kanae Uotani (Aragami) dans le rôle de la mère du Bigleux quand elle était jeune (la métamorphose est pour le moins saisissante).


L'immense qualité du film de Yûdai Yamaguchi est de rester savoureuse et jubilatoire jusqu'au dernier plan, sans jamais que l'humour ne finisse par lasser. Le réservoir d'idées improbables de Yûdai Yamaguchi serait-il inépuisable ? Cette comédie décomplexée à la bonne humeur communicative vient une fois de plus témoigner du grain de folie qui anime un pan encore trop méconnu du cinéma japonais d'aujourd'hui. A voir et à revoir.


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