Par Arnaud Mangin - publié le 22 juillet 2005 à 03h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h32 - 0 commentaire(s)
Voici quelques mois nous nous étions penchés sur le cas Jason Vorheese, sorte d'ange déchu de l'adolescence à la tronche complètement ravagée par tous les malheurs qui lui sont tombés sur le coin de la gueule les vingt-cinq dernières années.

Chez DVDrama on a toujours le béguin pour les monstres de foires au faciès de pomme de terre, et s'il est bien moins populaire que son lointain cousin au masque de Hockey, Toxic Avenger n'en reste pas moins une curiosité, ne serait-ce que pour sa carrière cinématographique en dents de scie. Pour les vingt et un printemps du super héros –car il s'agit bel et bien d'un super héros, Troma met les bouchées doubles en rééditant tout d'abord l'intégrale de ses aventures en les regroupant dans la Tox-Box, un joli écrin contenant les trois premières de ses aventures ainsi que le film d'animation. Mais en éditant également le premier épisode dans une "Golden edition double DVD" remplie à ras bord et proposé pour la première fois dans son format d'origine, ainsi qu'une édition monstrueuse du dernier volet (le meilleur pour beaucoup de fans) à l'interactivité proprement hallucinante. Il ne nous en a pas fallu moins pour revenir sur l'histoire d'un héros aux antipodes de l'ordinaire.


Premier Traumatisme

Nous n'allons pas revenir sur la carrière du prolifique Llyod Kaufman, véritable malade de la caméra cherchant à constamment mettre en image les idées les plus farfelues qui lui traversent l'esprit. La boite qu'il conçu tout seul comme un grand n'a, pendant 9 ans, produit que de petits ovnis coquins où le plus balèze de tous serait celui qui montrerait le plus de tétons par quart d'heure. En créant enfin Toxic Avenger en 1984, le gaillard était bien loin de se douter qu'il tenait là le futur porte-étendard de sa firme. Ayant toujours eu pour vocation de casser, de balancer, dénoncer et s'acharner bien plus encore avec virulence sur tout ce qui mérite une pichenette, Kaufman accouche ici d'un script en or. Massacre du rêve américain tout d'abord, où personne n'a le droit à la différence, pas même la sale gueule la plus gentille du monde et quand bien même le gentil géant deviendrait le héros des enfants, ce serait avec une surabondance de rose bonbon totalement surréaliste. Il ne manquerait plus que les biches et les colombes, chose que Tim Burton a eu le temps de rattraper dans Mars Attacks. Mais également massacre du rêve tout court puisque la laideur et la faiblesse attirent les coups, eux même engendrant plus de laideur et de faiblesse laissant pleuvoir d'autres coups plus violents encore et ainsi de suite. Tromaville, sa population désordonnée et son gouvernement crapuleux devient rapidement le miroir (de poche) d'une société américaine casse-gueule.


Melvin Junko, étudiant pas complètement terminé et sans doute ravagé pas les émanations toxiques entourant la ville (Paf! un coup dans les dents de l'écologie) est un agent d'entretien d'une salle de sport de Tromaville, et accessoirement voyeur lorsque certaines nenettes acceptent d'écarter les guitares pour le premier bodybuildé venu dans les vestiaires. D'autres siphonnés du bulbe –vu la taille du bahut pour attardés visible dans le quatrième épisode on se pose de sérieuses questions quant au niveau culturel du bled-, moins débiles mais beaucoup plus agressifs, prennent peu à peu le pauvre Melvin comme souffre douleur et décident de le ridiculiser une bonne fois pour toutes. On le chauffe un peu, on lui fait enfiler un tutu de danseuse contre la promesse de pouvoir se taper la plus belle Playmette de la ville, et voilà une bonne occasion pour Melvin de se débarrasser enfin de sa petite rose. Une occasion qui vire rapidement en cauchemar lorsque le traquenard le trouve contraint à embrasser un mouton travesti devant tout le monde. Pour des raisons que seule sa honte pourrait expliquer, sa course folle dans les couloirs du gymnase, pour échapper à tous ces rires moqueurs, le pousse à soudainement se défenestrer. Un malheur n'arrivant jamais seul, un camion rempli de fûts de produits toxiques (re-paf l'écologie) se gare juste en dessous. Melvin voulant démontrer qu'il n'a pas son pareil pour plonger, fonce dedans la tête la première. Dans le genre naissance de mythe on a forcément connu plus gracieux.


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