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Danse Avec Les Loups : Les Indiens D'amÉrique [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 12 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 12 octobre 2009 à 14h14 - 0 commentaire(s)
Au cinéma, l'un des grands motifs fondateurs a été le combat des cowboys contre les indiens. On a tous joué à ce jeu, on a tous rêvé à des chevauchées fantastiques où des sauvages attaquaient des diligences bourrées d'honnêtes citoyens. Puis arrivait John Wayne ou un autre noble héros pour les tirer de l'embarras dans le galop déchaîné des chevaux. Ce que l'on sait moins, c'est que même dans ces images mythiques de John Ford (auxquelles je fais allusion ici), il y avait un profond respect. Tournant dans son décor de prédilection de Monument Valley, il rendit leur noblesse aux Indiens Navajos et gagna leur estime en les faisant jouer dans ses films.


Danse avec les loups de Kevin Costner, qui sort le 15 avril en blu-ray, sensibilisait le public au mode de vie des premiers habitants de l'Amérique (s'attachant à rendre compte de la culture des sioux vivant dans les grandes plaines, dans leur propre langue). Son film devenait comme l'aboutissement de leur reconnaissance et un hommage à leur dignité et à leur légitimité.
Ford, après avoir livré des séquences immortelles, rentrées dans la légende, rendait lui-même un bel hommage aux premiers peuples d'Amérique dans Les Cheyennes en 1967 et fut l'un des premiers à rendre compte des abus dont ils furent victimes. C'est sur ce changement de perception, qui mène au film de Costner, que l'on va s'attarder ici.

L'ennemi méprisé

Au début, les Indiens étaient présentés comme des caricatures, des sauvages meurtriers ne s'exprimant que par des monosyllabes exotiques ("Ugh!") et joué par des acteurs blancs. On était dans le folklore et un certain mépris. Jusque très tard, on voyait Josh Randall (Steve McQueen) en retourner les cadavres du pied dans Au Nom de La Loi. Les amérindiens étaient une menace à éradiquer. John Ford, dès La Prisonnière du désert, osait montrer l'hystérie du personnage de John Wayne, possédé de haine contre ce peuple, véhiculant l'idée qu'"un bon indien est un indien mort". Ford apportait de grandes nuances et mettait une grande humanité dans sa présentation des Indiens, notamment dans Le massacre de Fort Apache. Il fut le premier à remettre en cause les idées reçues en dépeignant par exemple l'attitude bornée et sans honneur de Henry Fonda voulant capturer à tout prix Cochise.


D'une certaine manière cette mentalité s'explique. Comme on le voit dans quelques films, Mission de Roland Joffé ou 1492 de Ridley Scott, on voit d'abord le continent américain comme une terre à coloniser. On veut en soumettre les habitants légitimes, les convertir aux usages européens pour mieux prendre possession de ce jardin d'Eden que l'on croit avoir trouvé. Dénier leur humanité aux autochtones, ne pas avoir le respect de leur culture et de leurs croyances devient alors quasiment un acte politique. Cela justifie pas mal d'exactions. On les traite avec condescendance. Les Européens, à leur arrivée, s'approprient la terre, à la recherche de richesses chimériques.
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