Dans le désordre, on peut aussi trouver sur ce premier volume
Westminster Bridge (piste 2), un motif dynamique et rythmé, récurrent durant la première saison, mélange d’orchestral, de synthétique, et de surf guitar, très inspiré du Cecilia Ann des Pixies ;
Father’s Day (piste 6), un morceau tragique au piano et synthétiseur, pour un épisode dans lequel Rose doit choisir entre la vie d’un père qu’elle n’a jamais connu et la sauvegarde de l’univers ; une brève composition obsédante (à nouveau un ostinato !) finissant sur une note symphonique (
Finding Jackie, piste 23) ;
The Impossible Planet (piste 28), une piste plus aérienne au violoncelle, qui rappelle par instants l’illustration musicale de la série Firefly, par Greg Edmonson ;
Song For Ten (piste 15) et
Love don’t Roam (piste 30), deux chansons issues des Christmas Special 2005 et 2006, spécialement écrites pour le show, et interprêtées par Neil Hannon, de The Divine Comedy. De la pop anglaise solide et entraînante, à l’accompagnement orchestral efficace, aux paroles directement liées aux aventures du Docteur, et dont les mélodies ressurgiront ultérieurement dans plusieurs épisodes ; et enfin,
New Adventures (piste 22), excellent morceau préfigurant l’orientation épique prise par Murray Gold sur la saison 3 : une composition dynamique aux accents arabisants (on songe aux Momies de Goldsmith et Silvestri), aux rythmes parfois électroniques et à l’orchestration grandiloquente et triomphante.

Et n’oublions pas le thème principal de la série, qui ouvre et ferme ici le cd, comme il le fait à chaque épisode. Mais sur le disque, ce choix prend une toute autre signification : c’est véritablement à l’évolution de la musique de Murray Gold que l’on assiste au travers de celle du thème principal. Car si ce premier opus s’ouvre sur la version de 40 secondes du thème légendaire de Ron Grainer (composé en 1963, et réorchestré par Gold) qui accompagnait le générique des épisodes de la saison 2005 de la série, il se clôt avec une version étendue du thème principal, utilisée comme générique pour la seconde saison. Au premier abord, rien de particulièrement différent… mais le morceau se débarrasse en fait à mi-parcours de la plupart de ses oripeaux synthétiques et électroniques, pour revêtir des atours quasi-exclusivement orchestraux, achevant ainsi la mutation amorcée par la saison 2 de la série. Le thème de Who prend alors une dimension épique, quasi-héroïque, et achève de conclure le cd de bien belle manière. Un thème qui sera d’ailleurs encore revisité en saison 4, de manière plus militaire et percutante.

À noter que le score de ces deux premières saisons de Doctor Who s’est avéré tellement populaire en Grande Bretagne (tant auprès des critiques que du public), que la BBC a organisé, le 19 Novembre 2006, un concert de charité exceptionnel, présenté par David Tennant (le Docteur himself !), en compagnie de Russell T. Davies (le showrunner), Murray Gold, et de plusieurs Daleks et Cybermen. Un concert (sold-out en moins de 3 heures !) retransmis sur la BBC (et donc disponible sur le web pour les plus malins) au cours duquel le compositeur avait d’ailleurs présenté en exclusivité une de ses compositions pour le Christmas Special 2006 (synchronisée sur les images de l’épisode spécial alors encore inédit), que l’on retrouvera sur le second disque de Silva Screen...
À suivre…