Chaque génération cherche à savoir qui sera celui qui prendra la suite des héros de l’enfance ; Or, il faut bien avouer que dans le cinéma d’arts martiaux, il y a fort à faire. En effet, l’ombre de Bruce Lee demeure toujours écrasante plus de trente ans après sa mort. Et si les candidats furent nombreux, peu parvinrent à s’imposer ou à impressionner autant que le petit dragon originaire de Canton.
Qui pour être le nouveau petit dragon ?Dans les années qui suivirent, les clones se sont certes succédés mais aucun n’est vraiment resté dans les esprits. Pourtant, dans les années 1980, un nom a semblé s’imposer, celui de
Jackie Chan. Or, si dans les premiers temps, notre homme élastique a œuvré dans la droite ligne d’une succession assumée, bien vite, la comédie l’a rattrapée et il n’a eu de cesse de vouloir s’émanciper de cette figure tutélaire. Pour simplement exister.
Plus tard, ce fut au tour de Jet Li d’incarner le renouveau du combattant moderne et racé. Et il faut bien reconnaître qu’il semblait là encore y prétendre avec élégance. Ainsi, de ces débuts jusqu’aux premiers longs où il s’imposa peu à peu, notre quintuple champion national de wushu ne cessa de confirmer les attentes placées en lui. Hélas, son escapade états-unienne mit en exergue, tout ce qui n’allait pas dans le cinéma chinois d’alors au temps autant que son incapacité à s’imposer auprès d’un public extérieur aux références du genre. Depuis les choses ont changé et il faut admettre que Jet Li est devenue une figure du cinéma mondial. Avec tous les risques que cela implique. Tout d’abord, il ne combat plus réellement et il a perdu en partie cette intensité et cette vigueur qui le caractérisaient.

Or, même s’il est conscient d’appartenir à une certaine bourgeoisie des arts martiaux à l’écran, on sent davantage que sa carrière est gérée avec une science rare depuis quelques années. Science hélas aveugle à ses piètres performances d’acteur et aux nouveaux venus. En effet, Tony Jaa et d’autres encore s’avèrent être de redoutables adversaires. Et surtout, plus que Jet Li, ils n’ont pas encore osé se perdre dans des superproductions faciles et toutes destinées à l’international. Mais de tous les prétendants qui arrivent en ses heures où les places restent à prendre, un seul semble ressortir du lot. C’est Donnie Yen.