DAFT PUNK MUSIC SOUNDS BETTER WITH THEM
LES DAFT PAR MICHEL GONDRY"Pour le clip d’
Around the World, les Daft Punk m’avaient parlé d’une chorégraphie parce qu’ils aimaient beaucoup la danse. Vous vous souvenez de la ligne de basse de
Good Times de Chic? (
Il chante). Les Rapper’s Delight ont fait leur premier rap commercial sur cette ligne de basse. On peut considérer que c’est le fondement du genre. Depuis que je suis adolescent et que je connais cette chanson, j’ai toujours imaginé un petit bonhomme qui monte des escaliers et suit cette ligne de basse. Quand j’ai entendu ce morceau des Daft Punk, j’ai repensé à ce principe. Il a été utilisé dans plein d’autres morceaux. Quand on écoute
Another one bites the dust, de Queen ou même Captain Sensible, on retrouve les deux mêmes accords qui sont des septièmes mineurs, des accords très proches du blues que l’on fait passer en boucle. A partir de là, j’ai développé le concept avec les voix des robots en imaginant une sorte de Robocop qui avançait en fonction de la musique. Il y a quatre instruments avec la boîte à rythme et le principe de Daft Punk consiste à pousser la boucle au maximum. Et juste avant que ça devienne chiant, ils passent à l’étape suivante en complexifiant. Il y a une construction très rigoureuse qui m’a servi pour construire la chorégraphie que j’ai faite avec Bianca Li au niveau de la construction géométrique dans le temps et dans l’espace. Chaque instrument est représenté par un groupe de quatre danseurs. Quand on entend la basse, on voit les bassistes qui montent et qui descendent. La guitare qui joue comme un synthé, ce sont les squelettes parce que ça gratte un peu. La boîte à rythme, c’était une association avec Michael Jackson et la chirurgie plastique. Immédiatement, j’ai pensé aux momies. Les bassistes ont des petites têtes et de grands corps parce qu’ils sont physiques. Le synthé disco est représenté par les filles en tenue des années 20 car le disco est une sorte de revival du charleston. Une fois que j’avais tous ces éléments, je les ai alignés de manière mathématique."
DA FUNK: LA TRAGEDIE DU CHIEN Un homme à tête de chien se balade dans les rues new-yorkaises avec une jambe dans le plâtre et un appareil qui diffuse
Da Funk à fond. Le clip date de 1994. Il est réalisé par Spike Jonze. Le personnage principal croise en un temps record une multitude de personnages avec lesquels il noue aucun lien affectif durable. A travers cette historiette, la peinture assez noire et dérangeante d'un monde déshumanisé. A l'époque, Jonze n'était pas connu et n'avait pas encore réalisé de clips pour Beastie Boys, Bjork ou REM. Chez lui, les idées les plus folles sont admises. Produire une fausse troupe de danse (très) amateur pour Fatboy Slim, plonger Björk dans une comédie musicale, intégrer le groupe Weezer à un épisode de
Happy Days, transformer son épouse en gymnaste professionnelle pour les Chemical Brothers. Depuis, on le connaît comme cinéaste très doué de
Dans la peau de John Malkovich et
Adaptation, tous les deux adaptés d'un scénario de Charlie Kaufman.