DIVINE PAR JOHN WATERSPINK FLAMINGOSPour les adeptes des "Midnight Movies" (films étranges diffusés à minuit dans des circuits limités),
Pink Flamingos est considéré comme le nouveau
El Topo (Alejandro Jodorowsky). Auparavant, les aficionados auront pu découvrir Divine en toute discrétion dans
Mondo Trasho (où elle écrase Mary Vivian Pearce qui vient de se faire violer avec les pieds) et surtout
Multiple Maniacs (où elle se fait violer par un homard géant). Autrement, c'est le meilleur film de John Waters qui pose les bases d'une filmographique basée sur le "bon mauvais goût" et le "mauvais mauvais goût".
FEMALE TROUBLEDeux ans après le terrible
Pink Flamingos, John Waters continue ses massacres des valeurs patraques avec
Female Trouble. Divine, dans son plus beau rôle, joue la rebelle et pousse le vice jusqu’à se faire violer par un camionneur (qui n’est autre que Divine en mec – traduction : c’est le premier viol cinématographique d’un acteur par lui-même). Mais Divine se fait de temps à autre voler la vedette par Edith Massey qui n'a pas son pareil pour parler des hétéros, porter des tenues en cuir, se caresser les seins en poussant des ahanements et surtout vider sa poubelle chez sa belle-fille avant de tendre un bon doigt d'honneur. Rien que pour ce double numéro, le film vaut le détour.
POLYESTERDivine joue les mères alcooliques, le papa s'occupe d'un drive-in porno, le fils écrase les orteils en sniffant de la colle et la fille se révèle être une grosse nymphomane. Au secours? Non. La rencontre de miss Divine avec un play-boy obséquieux va bousculer l'équilibre précaire (mais réel) de cette si charmante famille.
Polyester est une oeuvre charnière pour Waters - mais pas sa meilleure - pour avoir marqué la scission nette entre les films trash et les films plus accessibles. Divine et Edith Massey sont encore une fois formidables en copines délurées, mais c'est le grand système d'Odorama qui retient l'attention (des cases à gratter pour émaner une odeur pas nécessairement agréable). Le but de Waters étant de faire vomir le spectateur pendant son film. Pari réussi.