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Dossier : Kidman Venus In Fur [page 1]

Par - publié le 17 août 2007 à 01h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h31 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie du zone 2 de Fur, de Steven Shainberg, retour sur un biopic qui se veut à l'image de Diane Arbus: inclassable et non conventionnel. Mais on le savait doué pour reluquer dans les yeux tristes de demoiselles fâchées avec l'existence (voir son précédent film La Secrétaire) ainsi que pour travailler au corps le paradoxe. Seulement, contrairement à son précédent film qui était hors des normes usuelles, Fur furète dans des zones filmiques déjà expérimentées par d'autres cinéastes tout en conservant sa suprême originalité.



DIANE ARBUS, VENUS IN FUR
Loin de se résumer à un biopic implacablement scolaire et sobrement académique, Fur est avant tout une célébration de l'art comme force transcendante et évoque l'émergence d'un talent majeur: celui de Diane Arbus qui demeure aujourd'hui encore comme l'une des plus grandes artistes du siècle dernier. A l'aune de Rothko, son engagement artistique a toujours été intrinsèquement lié à ses afflictions viscérales. Ses spécialités? Prendre en photo de jolies choses bizarres (des jumeaux, des travestis, des monstres de cirque, des nudistes, des attardés mentaux...) en prenant le soin de ne jamais céder au sensationnalisme, en retranscrivant de manière étonnamment simple l'étrangeté la plus nue et la plus familière, permettant au spectateur de se sentir impliquer dans des situations qui, a priori, auraient dû le laisser de marbre. Dans ses photos, la forme, essentielle, prime sur le fond: elle a utilisé toute sorte de dispositifs très sophistiqués: le format carré, le flash puissant, la photographie posée. Respectueux et digne, le film s'arrête aux balbutiements de sa carrière et explique de manière audacieuse comment un talent insoupçonné émerge de manière tardive (elle fait des photos de mode avec son mari jusqu'à l'âge de 35 ans). Mais cette singularité peine à masquer un mal-être: à tendance neurasthénique, l'artiste mettra fin à ses jours à 48 ans. C'est la partie sombre qu'on ne nous raconte pas dans Fur mais qu'on nous suggère.


L'OMBRE DE TODD HAYNES
Impossible en voyant Fur de ne pas penser au cinéma de Todd Haynes ! Et il n'est pas interdit d'imaginer ce que l'enfant terrible du cinéma indépendant US aurait fait avec ce sujet qui lui semblait destiné. Depuis toujours - soit son premier moyen métrage Superstar: the Karen Carpenter story sur l'artiste éponyme -, Haynes s'est ingénié à scruter tous les charivaris intérieurs de personnages peinant à faire face au réel. Un thème majeur, noir et brut comme le désir, qui se répercutera dans toute sa filmographie de manière obsessionnelle ainsi que la solitude intérieure, le sentiment inexorable de perte et les fantasmes indicibles.


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