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Dossier : La Nazisploitation Made In Eurocine [page 1]

Par - publié le 14 juin 2008 à 13h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h27 - 0 commentaire(s)
Dieu soit loué: les courageux éditeurs Artus Films ont sorti cinq films produits par Eurociné, une compagnie française spécialisée entre autres dans la nazisploitation (genre de très mauvais goût où érotisme et gore faisaient bon ménage) dans les années 70. La majorité d’entre eux ont été tournés sous pseudonyme par un certain Alain Payet (également connu sous le nom de John Love). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne brillent pas par leur qualité même s’ils revendiquent l’héritage lointain des pulp des années 50 (qui étaient branchés bondage et nazisme) et les romans de gare SM des années 70. Strictement réservé à ceux qui réagissent à des titres comme Train Spécial pour Hitler et Helga, la louve de Stilberg.



Amoureux des examens de l’âme et des dérives psychologiques en bobine, soyez-en sûrs: Artus films n’œuvre pas pour vous. Prière donc de passer votre chemin. Cette collection de films récemment sortis s’adressent exclusivement à un public bisseux très (mais alors très) averti qui trouve de la beauté dans les nanars de dernière zone où l'on peut voir entre autres réjouissances des connasses perverses et des connards sans pitié. Ces objets déviants prenaient un malin plaisir à utiliser des artifices douteux et, why not, à franchir les bornes du politiquement correct en se moquant de tout ce qu’il est de bon ton de vénérer. Pour mémoire, les cinq films proposés ici (Helga la louve de Stilberg, Nathalie dans l'enfer Nazi, Elsa Fraulein SS, Train spécial pour Hitler et Les gardiennes du pénitencier) nous proviennent tout droit de la société Eurociné. Pour ceux qui ne la connaissent pas, sachez qu’elle existe depuis 1937 et qu’elle a produit une quantité assez considérable de films irregardables. Elle s’est malgré tout distinguée dans les années 60 avec des fictions d’une médiocrité abyssale où le meilleur du pire était toujours ce qu’il y avait de mieux. Marius Lesoeur est l’un des principaux responsables de son expansion. Il a dirigé la boîte depuis 1957. C’est lui qui par exemple a pris la décision de s’installer en Espagne pour ne pas ajouter trop de zéros aux coups de production. Le coup de génie d’Eurociné ? L’horrible docteur Orlof, un film d’horreur signé Jess Franco, qui deviendra la référence de la boîte. Le mérite de cette réussite, c’est d’avoir permis l’existence d’une kyrielle de productions aussi bien horrifiques qu’érotiques profitant au fil des années de la libération des mœurs post-soixante-huitardes.



Au début des années 70, Eurociné manque d’inspiration et les nanars surabondent en provoquant de moins en moins de curiosité et de produits mémorables. Alors que faire pour se renouveler ? Zieuter chez les amis transalpins où trois films intenses font parler d’eux en des termes obscènes. Leurs titres ? Salon Kitty, de Tinto Brass ; Portier de nuit, de Liliana Cavani ; et Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pier Paolo Pasolini. Leur point commun ? Parler du fascisme et proposer des scènes à caractère sexuel à la fois tordues et excitantes. Eurociné pense qu’il serait alors bienvenu d’explorer ce nouveau registre qui va jusqu’à séduire les critiques du monde entier (un bémol pour le Brass qui n’a hélas jamais bénéficié de la reconnaissance d’un Pasolini). Il le fera de 1975 à 1980 avant de surfer non sans opportunisme sur d’autres vagues mouvances, également venues d’Italie. Notamment les méchants cannibales (Cannibal Holocaust, découvert par Eurociné en 1980). Eurociné est toujours d’actualité. Aujourd’hui, la boîte tente de survivre non sans avoir essayé d’emprunter une voie plus sérieuse dans les années 80/90. Sans résultats concluants. Marius Lesoeur a maintenu l’entreprise avec son fiston, Daniel, dans un esprit indépendant. Une affaire de family business, en somme. Parmi les films sélectionnés par Artus, certains valent le détour pour enrichir sa culture de cinéphile/cinéphage. Déclinaison chiche de la Nazisploitation, Elsa Fraulein SS (également connu sous le titre Fraulein Kitty en hommage au salon de Brass), est une production italo-française qui a surfé sur la vague des Ilsa, la louve des SS et propose l’idée d’un train qui prend des allures de bordel nazi.


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