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Dossier : La Nazisploitation Made In Eurocine [page 3]

Par - publié le 14 juin 2008 à 13h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h27 - 0 commentaire(s)

Comme dans Elsa Fraulein SS et Train spécial pour Hitler (mais en mieux, tout le temps), Nathalie dans l’enfer nazi est un film rebelle qui se déroule pendant la seconde guerre mondiale et zigzague avec un panache de malade et dans lequel les personnages ne passent pas leur temps le cul assis dans un train à attendre que ça circule et que ça baisouille. Cela donne une histoire d’amour impossible entre un officier allemand (Jack Taylor, acteur fétiche de Jess Franco et de Marius Lesoeur) et une espionne russe (Patrizia Gori) au centre d'un récit qui se prend grave au sérieux à jouer sur tous les tableaux (film de guerre, mélodrame, exploitation). Au centre de cet imbroglio au premier degré, une Jaqueline Laurent redoutable, vue dans Les possédées du diable, de Jess Franco. La dame arbore des tenues SM dont Paco Rabanne et Russ Meyer auraient certainement eu honte. Elle est méchante et on l’aime pour ça. Certains critiques de l’époque ont osé comparer ce film aux Damnés, de Visconti. C’est dire si on tient l’un des – voire le – meilleurs film de la collection.



Plus proche des WIP (l’action ne se déroule pendant la seconde guerre mondiale mais dans une prison d’Amérique Latine), Les gardiennes du pénitencier commence avec un ancien officier SS qui se réfugie en Amérique du Sud, dans une forteresse dirigée de main de fer par une femme sadique. Les prisonnières subissent tous les caprices des gardiens. Surprise: un commando, monté par des rescapées de la guerre, investit le lieu pour réclamer justice et défonce la gueule de tout le monde sans exception. Le film est surtout un prétexte pour le producteur Marius Lesoeur de plaquer sur l’intrigue totalement incohérente des images de Femmes en cage, de Jess Franco, opus qui figurait dans la fameuse liste anglaise des Video Nasty (regroupant tous les films interdits sur le territoire UK). Alain Deruelle, réalisateur de pornos périssables, s’est généreusement dévoué à la tâche (il fera la même besogne sur Terreur Cannibale). Pour le pire. Ce qui fait le lien entre ces pans de scène, ce sont des dialogues complètement débiles donnant l’occasion aux actrices principales d'éviter les digressions philosophiques et de se caresser avec volupté. Plus si affinités. Un peu de saphisme, un peu d’étreintes hétéro et rien que du pétard mouillé. Au moins, on s'amuse.



Le tout qui essaye de draguer le cinéma d’exploitation bien vicieux reste un sacré foutoir un tantinet lassant dans lequel on ne comprend rien et où tous les effets les plus kitsch surabondent dangereusement. Bilan? Exécrable. Réalisé par James Gartner (alias Alain Payet), Helga, la louve de Stilberg, film accompagné par la bande-son de Daniel White, nous apprend des tonnes de choses intéressantes. Ainsi, la forteresse monstrueuse du film a été, si on en croit le scénario, édifiée par un français nommé Payet. Private joke du meilleur effet. Le résultat sans objet ni but est intégralement interprété par des acteurs de films X (Richard Allan, Alban Cerray, Dominique Avaline, Jacques Marboeuf) qui semblent bien largués dans ce cinéma dit "traditionnel". Comme Les Gardiennes du pénitencier, on est plus proche du WIP, notamment de Ilsa Ultimes perversions (connu sous le titre Greta, la tortionnaire), de Jess Franco. Malissa Longo reprend un rôle coutumier dans la majorité des nazisploitation de Eurociné: celle de la tortionnaire bi et vilaine (si vilaine) qui n'aime pas les caresses et adore fouetter les pensionnaires de sa prison démoniaque. Terminons en rappelant qu’Alain Payet a tourné une version X de ce film des années plus tard. Le titre ? Gamines à tout faire. Tout un programme...
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