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Dossier : Le Renouveau Du Cinema De Genre Us [page 1]

Par Gwenaël Tison - publié le 05 juillet 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h03 - 0 commentaire(s)
Le cinéma de genre américain n'a jamais autant été le catalyseur des maux qui traversent toute une société. Suite au dramatique 11 septembre 2001 qui ébranla la planète entière, il ne fallut pas attendre longtemps pour que les conflits militaires impliquant les Etats-Unis fleurissent pour le meilleur et pour le pire. A l'instar de la situation militaire durant la guerre du Vietnam, l'enlisement actuel qui perdure en Irak ne fait que raviver un cinéma de genre certes méprisé par les élites mais qui a cristallisé à jamais les figures iconiques du Slasher tel que Leatherface, pour les années 70, jusqu'à Jigsaw de nos jours.

Renouveau du cinéma de genre aux Etats-Unis : entre émancipation et opportunisme



La tendance à une radicalité viscérale n'a jamais été aussi forte que ces dernières années aux Etats-Unis. Et chaque année, des réalisateurs (jeunes ou moins jeunes) cherchent à aller un peu plus loin dans un des genres les plus contestataires, le cinéma d'horreur. Fini le cynisme des années 1990 qui ne respectait ni le sujet traité, ni le spectateur, servi par des néo-slashers au rabais, niais et consensuels.



L'indignation hypocrite d'une majorité de bien-pensants a conduit l'an passé à l’interdiction - rare et injuste - pour les mineurs de moins de 18 ans lors de la sortie en salle française de Saw 3. Dans l'hexagone, pareille "censure" remontait à l'affaire Baise Moi de Virginie Despentes et Coralie Trinth Thi il y a plus de six ans. Cette montée en puissance correspond à une radicalité qui s'est débarrassée des oripeaux de la culture teen-movies afin de proposer un regard acerbe et machiavélique. Cela accule la censure à brandir haut et fort l'étendard de la bienséance et ce, sans jamais vouloir réellement comprendre l'aspect idéologique qui traverse les films qui posent soi-disant problème.



Pourtant, en l'espace de quelques années, nombre de films ont émergé de la léthargie ambiante dans les années 1990 dans le cinéma de genre transgressif aux Etats-Unis sans rencontrer pareille censure. Des jeunes cinéastes comme Eli Roth et son Cabin fever, et surtout Hostel, mais aussi avec des retours sur le podium de figures majeures comme George A. Romero et son quatrième opus sur les morts-vivants avec l'incroyable Land of the Dead. Dorénavant, il faut compter sur des figures montantes comme l'ovnièsque Rob Zombie et son Devil's Reject. Ce dernier fait figure de véritable chef de file d'un cinéma contestataire, ne concédant en rien au consumérisme ni au cynisme actuels. Faut-il y voir la montée en puissance d'une matérialisation picturale de l'horreur qui envahit le quotidien d'un pays ? Pays qui, malgré son statut de première puissance mondiale, est habité par une population de plus en plus fragilisée par une société vacillante et chahutée par un conflit sanguinaire, véritable cimetière à ciel ouvert. De la jungle vietnamienne, on passe au désert irakien. De La Nuit des morts vivants, on passe au Territoire des morts vivants comme si l'exemption irréversible des zombies de Romero sur la Terre entière permettait de cristalliser les peurs les plus intimes et de questionner directement une société qui les a vues naître et grandir en son sein.


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