AMITYVILLE – Andrew DouglasIl y a certains films dont la seule hypothèse d’un remake engendre les pires craintes.
Amityville fait partie de ceux-là ! Alors que Michael Bay est tout heureux de son relooking très réussi du mythique
Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, il se met en tête de remettre au goût du jour tous les classiques de l’horreur qui ont bercé son enfance. La célèbre maison hantée vient donc logiquement à la suite du remake de Marcus Nispel et Bay, conscient du potentiel vendeur des films de fantômes lancés par les
Ring et compagnie, se dit qu’une ghost story 100% ricaine ferait bien l’affaire au box office. Pour cela, Mr
Transformers fait appel à Andrew Douglas qui hélas ne parviendra jamais à retrouver l’atmosphère du
Amityville original. Pourtant la série ayant connu un nombre de suites incalculable, toutes plus mauvaises les unes que les autres, il s’agissait d’excellents modèles de choses à ne pas faire… Aussi, le choix d’imposer au spectateur une vision fantastique au lieu de le laisser dans le doute complet quant à la véracité des évènements semble être la décision la plus stupide de ce remake… A grands coups d’apparitions spectrales d’une gamine, décidément très en vogue quant à la formule effrayante de l’époque, le réalisateur insiste sur le fait d’un monde maléfique parallèle et nous sommes d’emblée dans l’horreur pure au lieu de nous permettre d’être juge d’une potentielle malédiction. Bay, se rappelant que le
Amityville d’origine était basé sur des faits réels, nous refait la parade des fausses coupures de presse et de témoignages plus foireux les uns que les autres. Pourtant le film se présentait sous les meilleures intentions en nous présentant un Ryan Reynolds humain et réaliste qui, pour une fois, semblait habité par son personnage (du moins pendant les premières vingt minutes !). Cette version épouvantablement drôle aura au moins le mérite de redonner envie de voir l’original !
FOG – Rupert WainwrightEn 2005, l’incroyable John Carpenter est dans le doute le plus profond : ses deux derniers films (
Vampires et
Ghosts of Mars) sont des semi-échecs commerciaux et peu de revenus rentrent finalement dans les caisses. Soucieux de pouvoir lancer son projet (avorté depuis) du
13th Apostle, Big John se dit que lui aussi pourrait profiter de la vague des remakes abusifs et propose une relecture moderne de l’un de ses chefs d’œuvre de jeunesse, à savoir le très bon
Fog. Le réalisateur, conscient du risque plus que prévisible d’une reprise inappropriée, se poste à la production et s’entoure d’une équipe qui ne pourra que moins bien faire que lui et ainsi ne pas dépasser la réussite de son film. Aussi il confie la réalisation à Rupert Wainwright et regroupe un casting recruté sur les plateaux de séries teenages à succès : Exit donc l’enthousiasme de Jamie Lee Curtis et place à Maggie Grace tout juste dévoilée par Lost, bientôt rejointe par Tom Welling, le Clark Kent de Smallville, qui prouve qu’il est bien l’acteur d’un seul rôle. Alors que Carpenter tentait, il y a plus de vingt ans, de combler les lacunes techniques et financières de son métrage par une maîtrise absolue de l’espace et de la narration, son remplaçant décide d’exploiter à fond le potentiel de la technologie numérique et ne s’embarrasse plus ni des difficultés à gérer un brouillard (maintenant totalement virtuel) ni celles de rendre crédibles des pirates fantômes, au contraire il use à tout va de procédés dénaturant totalement le charme de son prédécesseur… Un véritable carnage donc que même le maître refusera d’assumer pleinement, reconnaissant volontiers le but intéressé de l’entreprise ! Bref, un remake pas forcément inutile, mais tellement mauvais qu’il garantira une longue sieste à quiconque s’aventurrea dans les méandres de ce brouillard…

Dossier rédigé par David Brami, Kévin Dutot et Florent Kretz