Si vous aviez la possibilité de réaliser un film à gros budget, à quoi ressemblerait-il ? Si je devais être aux commandes d’un film à gros budget, autant vous le dire tout de suite, cela me ruinerait plus qu’autre chose. Je pense que mes meilleurs travaux viennent précisément des limites que je me suis donné. Une page blanche et un chèque en blanc me terrifient.
Cube et
Nothing sont des films nés de ma nécessité de travailler avec peu d’argent. Le manque de moyens fonctionne à double tranchant : cela peut être frustrant en même temps qu’une source d’inspiration et de malice. Cela étant, j’aimerais jouir d’un budget décent. Pour revenir aux films à gros budget, j’aurais adoré réaliser un épisode de
X-Men. Mais je n’appartiens pas au club des réalisateurs qui bénéficient de ce genre d’offres. Et mes idées originales sont un rien trop excentriques pour qu’un studio les accepte.
Vous savez pourquoi Nothing sort avec un tel retard en France ? J’aimerais le savoir autant que vous. Je pense que c’est dû au statut actuel du cinéma indépendant qui est extrêmement fragile. Il est très difficile de voir ses films bénéficier d’une sortie en salles conséquente si on n’a pas de noms vendeurs à proposer. Je n’en reste pas moins très excité à l’idée de voir
Nothing débarquer seulement maintenant. D’autant que je suis un grand amateur de comédies françaises.
Quels sont vos projets ? Mon prochain film s’appelle Splice. C’est un film d’horreur romantique qui s’articule autour de la génétique. Après ça, je croise les doigts pour réaliser
High Rise, l’adaptation d’une nouvelle de JG Ballard. Il a lu le script et a donné son aval. C’est un immense soulagement pour moi, étant donné que je suis un grand admirateur de son travail. J’ai également envie de faire
Uberman, un film d’animation autour du plus puissant des superhéros corrompus. Mais je pense que je vais attendre de voir comment évolue Watchmen avant de m’y mettre.