Mais au milieu des années 50, le dessin animé souffre de la concurrence de la télévision : les budgets sont réduits, et l’animation se retrouve dans une forme stylisée, appelée « le style UPA » (des studios Universal, créateurs de ce style), où Tex ne s’y retrouvera pas. Les dessins animés n’ont plus ce caractère de superproductions où il se plaisait vraiment. Finis les gros décors, plus d’orchestre pour la musique, finis les multiples décors... Tex Avery peine à se retrouver et cherche à quitter le milieu de l’animation. Il retourne chez Walter Lantz en 1954, dans l’entreprise de ses débuts, où on lui confie le personnage de Chilly Willie le pingouin. Chilly Willie l’ennuie et de ce fait, il quitte Universal en 1955, après seulement un an dans les studios. Lassé du monde des dessins animés, il se lance alors dans la publicité pour l’agence Cascade où il se permet de réutiliser les personnages de la Warner pour quelques spots de pubs. Puis il tentera de revenir en créant le personnage de Quicky Koala pour les studios Hannah Barbera dans les années 70 (dont les aventures semblent calquées sur Bip Bip et le Coyote).

Ironiquement, il décédera d’un cancer en 1980, juste au moment où le public commençait à réapprécier les vieux dessins animés des années quarante et cinquante. Le succès de Tex Avery ne viendra donc réellement qu’après sa mort, durant la grande vague de revival des cartoons. En France, il aura une renommée grâce à Patrick Brion qui lui trouvera un créneau horaire lors des fêtes de fin d’année. Il faut dire que Tex Avery a beaucoup apporté pour le cartoon : des gags sexuels plus appuyés, un rythme surréaliste, et une exagération totale de la réalité. Maintenant, le seul reproche que l’on puisse faire, c’est qu’on arrête souvent le monde du dessin animé à Tex Avery seul, alors qu’il reste encore une multitude d’artistes à découvrir, comme Chuck Jones, Fritz Freleng ou Robert Clampett qui eux-aussi ont fait du cartoon un univers autre qu’un « truc pour les gosses ».