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Dossier Tinto Brass : Muy Caliente [page 3]

Par - publié le 28 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h56 - 0 commentaire(s)
Ça ne vaut cependant pas le meilleur film disponible présentement : Paprika, réalisé en 91 au moment où a priori Brass a tout dit sur l’érotisme. Et pourtant, non. Toute jeune et déjà si vulnérable, la Paprika du titre entre par amour dans la maison très close d’une mère maquerelle qui aime à porter des god-ceintures. Sous le nom de Paprika, cousine éloignée d'une Belle de Jour (Luis Buñuel) qui, elle, se prostituait pour combler son besoin masochiste et son ennui bourgeois trop confortable, Mimi devient une pensionnaire très demandée. Le cheminement de la narration est bordélique comme initiatique mais le charme naît précisément de cet aspect décousu, proche de l'alignement de saynètes, qui souligne que la raison et l'organisation sont les pires ennemies de l'érotisme et peut-être aussi, de la vie. Dans Paprika, hanté par une nostalgie presque Proustienne, Brass évoque en filigrane la fin d'une époque, celle des bordels (on apprend furtivement qu'une loi a été votée pour les fermer définitivement au public). C’est triste, drôle, touchant et jamais fastidieux. Signalons aux plus sourcilleux qu'un remake porno de Paprika a été réalisé par l'indispensable Joe d'amato, avec Christina Valenti, sous le titre Le bordel.


Paprika

Deux de ses derniers opus sont par ailleurs présentés dans ce coffret (Do It! et Trangressing). Sous influence des années 2000, Brass s’amuse toujours autant à filmer le sexe comme une gourmandise mais sa mécanique tourne un peu à vide. Proposé dans la langue de Shakespeare, Do It !, également connu sous le titre Fallo !, est fragmenté en six épisodes peu consistants mais érogènes où des couples tentent coûte que coûte de conserver le ciment affectif et sexuel. Proche de All Ladies do it, le résultat, superficiel, recèle de vraies idées érotiques (la première scène où un homme met une brosse à dents dans la sexe d’une femme) et de détails gaguesques (le making-of à la fin, les faux sexes masculins en érection) qui permettent à Brass en bon anarchiste de fustiger toute forme de censure. Transgressing est également une redite de All Ladies do it avec la même disparité entre le couple et les fantasmes mais va plus loin question «transgression». Là aussi, Brass prend de plus en plus de liberté par rapport au sexe et s’autorise quelques scènes chaudes comme la braise à l’instar de celle où une femme raconte une de ses aventures amoureuses et se fait généreusement masser par un playboy visiblement gourmand sur une plage de sable fin et sous un soleil de plomb. A chaque instant, le cinéaste italien septuagénaire nous rappelle quelque chose d’important: il n'est rien de plus important que faire l’amour. Morale nullement contestable d'autant qu'ici les érotomanes auront de quoi satisfaire leur imagination fertile. Amusez-vous bien.


Transgressing


logAudience