Par Florent Kretz - publié le 05 septembre 2008 à 09h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h02 - 0 commentaire(s)
Voici plus de trente cinq ans que le monde découvrait les joies de l’érotisme soft et raffiné avec l’apparition sur les écrans du cultissime Emmanuelle, œuvre plus ou moins polémique qui connut un record de fréquentation sans précédent. Pour fêter dignement l’anniversaire de ce monument du cinéma libertin, le DVD du film de Just Jaeckin est réédité, une occasion pour nous de porter un regard plein de nostalgie sur ce petit film qui, malgré les années, n’a pas pris une ride.





Emmanuelle fait partie de ces quelques œuvres qui, aux quatre coins du monde, sont connues : où que vous soyez, il est quasiment impossible de rencontrer une personne qui n’ait pas déjà vu le métrage sulfureux de Jaeckin… au pire, si un tel oubli est envisageable, celui-ci aura déjà frôlé des yeux, fatalement, l’affiche mondialement connue décrivant la jeune femme dévêtue et installée dans son fauteuil en osier. Car, plusieurs décennies plus tard, les aventures délicates et polissonnes de la jeune expatriée à Bangkok sont toujours aussi croustillantes et d’actualité. Amusant de constater à quel point la teneur du propos tiré du roman éponyme d’Emmanuelle Arsan est toujours aussi moderne, la société contemporaine semblant n’avoir pas tant évoluée que cela. Si les conditions et l’époque dans lesquelles fut tourné le métrage qui déchaîna les passions ne sont pourtant absolument pas les mêmes, il semblerait bel et bien qu’Emmanuelle nous rappelle gentiment à l’ordre. D’ailleurs, si l’œuvre faillit se faire poliment cisailler, en 1974, par la censure du ministre délégué à la culture Maurice Druon qui voyait dans le film une incitation à la débauche, le sens profond du métrage libertin semble bien avoir pris de la maturité avec les années. Ainsi, contre une fausse réputation d’encouragement à la dépravation, il obtient aujourd’hui le statut de joli film utopique tant la société contemporaine paraît ne plus savoir où se situer entre retour du puritanisme ostentatoire et exhibitionnisme outrancier. Le constat semble sans appel : tandis que la liberté sexuelle s’affiche comme pleinement acquise, c’est pourtant bien l’inverse qui semble se produire, l’image de la sexualité tenant totalement du concept de tabou inavouable.






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