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Entretien Avec Arthur Joffe (harem) [page 1]

Par - publié le 12 novembre 2008 à 18h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h31 - 0 commentaire(s)
Arthur Joffé se fait généralement rarissime en interview, et c'est donc avec une fierté non dissimulée que l'on vous propose ce long entretien que le cinéaste a accepté de nous donner à l'occasion de la sortie DVD de l'édition prestige de son film Harem.



Après quelques courts-métrages, dont l’un est remarqué au Festival de Cannes pour sa Palme d’or (Merlin ou le cours de l’or), comment avez-vous abordé ce projet de Harem ?
Suite au Grand Prix du Festival des Films du Monde à Montreal en 1980 pour mon premier court metrage « La Découverte » avec Dominique Pinon pour la première fois à l’écran, et à cette Palme d’or Cannoise pour « Merlin » en 1982, j ‘avais reçu l’année d’après, en 1983, un autre prix à Cannes (Prix de la Jeunesse) pour un moyen métrage de 60 minutes « Casting » » que j’avais tourné en quinze jours, produit par la télévision. L’ensemble de ces récompenses m’ont permis d’être hébergé à la Villa Médicis à Rome. C’est là que j’ai achevé la rédaction de mes deux premiers scénarii de longs-métrages, l’un à la suite de l’autre. Le premier « Totem » dont j’avais déjà écrit le sujet depuis longtemps offrait un rôle formidable à mon ami Pinon. Pour « Totem » je rêvais de convaincre Orson Welles ou Marlon Brando pour jouer le rôle d’un ogre. C était une légende qui se situait sur une plate-forme de forage désertée en Mer du Nord, dans les années 2060. En attendant les résultats de l’avance sur recette pour « Totem » mon projet fétiche- et qui le reste toujours aujourd’hui-, je rédigeais la première version de Harem. La réponse du CNC pour » Totem » fut négative et les producteurs de mes courts-métrages ne m’ont plus suivi dans ce projet très ambitieux. Pendant ce temps, mon agent avait parlé du sujet de Harem au producteur déjà très connu Alain Sarde. Il voulait me rencontrer… Je pris donc le train Rome- Paris…

Ce projet était-il conçu dès le départ comme un film à gros budget ou ne l’est-il devenu que lorsque les deux interprètes se sont joints au casting ?
Le scénario impliquait nécessairement un budget conséquent puisque l’histoire commençait à New-York et se passait dans un palais en plein désert. L’acceptation de Nastassja Kinski qui venait de faire Paris, Texas de Wim Wenders et de Ben Kingsley qui venait de gagner l’Oscar du meilleur acteur pour Gandhi fit immédiatement grimper le budget du film. Au départ je ne voulais pas forcément d’acteurs au prestige international aussi grand. J’avais rencontré à New York et à Los Angeles d’autres acteurs et d’autres actrices un peu moins en vogue à l’époque mais très talentueux tels que Sigourney Weaver et Raul Julia..etc. Mais Alain Sarde n’ arrivait pas à convaincre les financiers et les distributeurs d’investir dans un projet coûteux qui soit en plus un premier film, sans la garantie d’ un casting de tout premier plan international.



Quel est le désir d’Alain Sarde sur ce film lorsqu’il vous concède un budget faramineux pour un film français à cette époque ?
Le désir d’Alain Sarde a été très intense depuis le départ. Dès que je lui ai parlé de mon projet à notre premier rendez-vous. Au bout de quelques mois, quand il a eu du mal à boucler le budget, je m’impatientais et je lui disais : « laisse tomber Alain, faisons « Totem » mon tout premier scénario, à la place de Harem. » Mais non c’est Harem qui le faisait rêver le plus. Puis « les stars » ont lu le scénario et sont venues au projet avec un tel enthousiasme qu’il n’était plus possible ni pour lui ni pour moi de reculer ! Le budget était un des plus importants de l’année 1984 pour le cinéma français. Ce n’était pas non plus Ben Hur, il ne faut pas exagérer . C’était certes très impressionnant pour un premier film, mais, à titre d exemple, le temps de tournage de deux mois et demi que j’ai réussi à respecter, était couramment pratiqué. Ce n’était d’ailleurs pas énorme du tout pour un chantier de cette envergure.


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