Entrant dans une vague de films anti-nazis (
Chasse à l’homme en 1941 ou encore
les Bourreaux meurent aussi deux ans plus tard), il semble rattrapé par les remords avec sa
Femme au portrait (1944) dans lequel la jolie Joan Bennett et Edward G. Robinson sont pris en légitime défense suite à une violente attaque. Assistant l’enquête, les deux tentent de camoufler les preuves avant d’être identifiés. Le tout se concluant sous forme du réveil de notre héros !
La rue rouge en revanche, réalisé l’année d’après, sera beaucoup moins distrayant puisque toutes les thématiques du cinéaste allemand seront présentes. Film noir par excellence, on peut reconnaître Lang dans le second rôle de Johnny, amant trompé et qui finit accusé à tort du meurtre de sa femme. Quant au
Secret derrière la porte ? En 1948, Lang retente le coup de
Barbe Bleue en racontant l’histoire d’une pièce inviolable dans laquelle serait morte l’ex-femme du héros qui vient de se remarier… 1949 concrétise encore un peu plus les sujets du cinéaste inconsolable, qui signe son chef d’œuvre
House by the River, dans lequel se croisent culpabilité, jalousie et toutes les émotions qu’il tentait d’exprimer tout au long de sa carrière, mais cette fois-ci avec une rigueur et une finesse incroyables. En 1951, l’heure de la vengeance a sonné puisqu’il se lance dans le western aux allures rebelles avec cette histoire de cow-boy veuf partant dans une quête de châtiments extrêmes. Plus le cinéaste vieilli et plus ses thématiques sont radicales : là où pour
La femme au Gardenia, il provoquait l’amnésie suite à un meurtre, réduisant son personnage à sa propre situation après les faits, il se relance dans la vendetta avec
Règlements de Comptes en 1953 qui le vengera d’une Mafia un peu trop expéditive.
Avec
la Cinquième Victime, en 1956, il tombe dans un délire où il s’assimile à un homme traquant un tueur de femmes et qui met sa propre compagne en appât pour l’empêcher de recommencer ses actes barbares… La même année, il signe son dernier film américain, nommé
l’Invraisemblable Vérité, dans lequel il donne une sorte de conclusion à toutes cette intrigue qui aura duré tant d’années : un homme se voit accusé et condamné à tort ! Revenant en Allemagne en 1958, il réalise trois nouveaux films populaires,
Le tigre du Bengale,
Le tombeau Hindou et enfin
Le diabolique docteur Mabuse. Si Fritz Lang aura sans cesse brouillé les pistes dans ses films quant à ses réelles intentions, la véracité de ses messages ou même leur véritable existence, l’énigme reste entière quant aux réelles circonstances… Surtout que le cinéaste s’est acharné à faire se croiser les épisodes fictifs et réels de sa vie avec ceux de ses films. Si l’ouvrage de McGilligan se penchait sur la question, nous vous conseillons de découvrir le livre de Michel Mesnil nommé
Le Jugement, qui réfléchit pleinement à la relation entre ce fait divers et l’œuvre de
Fritz Lang.